Haut débit rural : assez d’idéologie
Le 24 avril 2005 | par Xavier de Mazenod | 11
Le haut débit est indispenssable au développement rural et la France rurale a besoin d’infrastructures. Je l’ai souvent écrit.
Mais, ce qui est important, c’est la politique de développement, pas l’opérateur ni la technologie. Peu importe, pour nous utilisateurs, le choix technique tant que l’offre est concurentielle, de qualité, à prix raisonnable et qu’elle permet d’évoluer pour que nous ne soyions pas prisonnier dans dix ans d’investissements dépassés. Et j’ajouterai : disponible rapidement, sans attendre 2007 ou pire…
Dans ce contexte, on assite à de nombreuses querelles plus ou moins intéressées entre les différentes sectes technologiques, les lobbyistes et les opérateurs : « Le Wi-Fi vous dis-je ! » « Non, la fibre optique » « Et moi, je vous dis que c’est le mesh ! » « Fi donc, c’est le Wimax ». « Bien-sûr que non, l’avenir c’est le 3G » « Pas du tout, le rêve c’est le super ADSL hyper gonflé »…
Dernière cible de ces guerres de sectes, le Wimax. Thomas le Canard l’a pris pour cible depuis longtemps et nous avons déjà échangé sur le sujet ici et ailleurs.
Nouveau venu dans le lynchage (merci Hubert du signalement), Rafi Haladjian, serial entrepreneur à succès qui prend la pécaution de mentionner son manque d’objectivité puisqu’il vend du réseau mesh avec sa société Ozone. Son billet ne manque pas d’arguments intéressants et vrais mais il faut également voir que le Wimax qu’il condamne coupe l’herbe sous le pied de son marché
Longtemps j’ai attendu la fibre optique au pied de ma maison en pleine campagne. Pourtant, cela aurait été idéal : plein de débit et tout plein d’usages. Mais j’ai enfin compris que ce n’était pas pour demain. Pas la chance d’habiter à Hong Kong.
Alors, je dois bien dire que je suis assez satisfait des usages que me permet le Wimax comme le souligne Olivier. Et j’en connais d’autres qui seraient bien heureux de disposer de Wimax pour pouvoir télétravailler par exemple. Car le mesh ou la fibre on les attendra longtemps
Je connais un autre Olivier, Zablocki, activiste du développement rural dans île de Ré (il a notemmant organisé des expériences de Wi-Fi avec la société normande Nomotech), que ces querelles font bien rire jaune.
Entre les élus qui ne comprennent rien et se font intoxiquer par les opérateurs et les geeks sectaires il se produit parfois un miracle pour les utilisateurs comme dans quelques rares départements dont l’Orne. Je dispose d’1 Mbps symétriques et 10 Mbps si je le souhaite. Je rappelle qu’auparavant je disposais d’une connexion téléphonique – sans espoir d’ADSL – de 21 Kbps en pratique et même pas symétriques !
Zut, je me suis fait piéger à reparler du Wimax
Mais votre avis m’intéresse toujours, et particulièrement sous l’angle du développement rural.





Si vous voulez voir l’activité économique grimper.. dans les 20 prochaines années
Vous n’aurez pas le choix, il faudra de la fibre optique
et au moins un backbone
Vous aurez du Wimax ? ok.. 128/128..
Et au pied du pylone ? le débit arrivera pas la LS 2 Mb/s de l’historique opérateur…
Tragique
Il est temps de prendre en main votre avenir..
Demandez à Mr De Robien ce qu’il en pense (Hourtin 2004 – discours)
C’est tragique.. arrêtez de penser que la radio va vous sauver
a un moment ou un autre, il faut une dorsale optique
NEUTRE et à bas cout pour tous les opérateurs..
Ce que montre bien Xavier ici ou d’autres là – http://www.openfing.org/technosalternatives/ -, c’est que La (les) radio(s) va (vont) nous sauver tout de suite Alexandre et nous permettre « d’attendre » une éventuelle fibre. Je dis bien « attendre » (et on sait que ça peut durer longtemps, encore plus à la campagne qu’ailleurs d’ailleurs…), car comme le répète à loisir JM Billaut, peu de politiques ont compris qu’a terme, il n’y a pas le choix. En attendant, je prèfère 128 k à 26 k, comme je prèfère 1 Mb à 512 k, etc. Chaque palier libère des usages.
Je suis d’accord avec Hubert : si l’on choisit l’option du « tout fibre ou rien » on sera encore à espérer dans dix ans.
Il est plus efficace d’ouvrir la concurrence très vite et de créer des utilisateurs. Ce sont eux qui exigeront alors la fibre.
J’adhère depuis longtemps à la croisade de J.-M. Billaut et je suis même allé avec lui en Suède voir les projets « fibre ». Impressionnant ! Mais les Suédois ont une culture télécom depuis 70 ans !
Chez nous les élus confondent encore haut débit et ADSL. Et presque 40% de la population ne sait presque pas ce qu’est Internet.
Leur dire « fibre ou rien » c’est les tenter de répondre : Rien ! Et ils ne seront même pas sensibles aux menaces chinoises, hollandaises ou scandinaves.
Pour info, on est déjà à 10 Mbps symétriques avec le Wimax et la redondance est déjà assurée par un backbone en fibre
Pas mal pour des ploucs, hein ?
Bien sûr qu’il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade. Une fois que l’on a dit cela on n’a rien dit.
Ce qui est tragique c’est de penser que l’on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en se faisant l’apôtre d’une technologie ou en appelant à une politique de grands travaux qui ne viendra jamais.
De toute manière nous mixerons les technologies ; la palette devient suffisamment variée pour que la question ne soit plus celle d’une quelconque killer attitude.
Ce que la radio apporte (et elle est une composante indispensable du bouquet technologique en ce sens) c’est une souplesse qui ouvre de très belles pistes pour une ingénierie sociale des réseaux qui ne vit pas des seuls effets d’annonce des équipementiers, des opérateurs et de leurs multiples VRP vendeurs de lunes. Si de très belles occasions ont été gachées ces deux dernières années, notamment à travers des choix politiques imbéciles – sauver le soldat France Telecom par exemple ou privilégier le déclenchement des expérimentations par des collectivités locales globalement à la ramasse (je pense à la catastrophique gestion politique de l’appel à projets Technologies Alternative d’Accès par la DATAR) – il n’en reste pas moins que des tissages originaux entre usages et technologies sont explorés chaque jour et que je croirai toujours plus à cette capacité d’innovation qu’aux grandes affirmations des gourous plantés.
«Je dispose d’1 Mbps symétriques et 10 Mbps si je le souhaite.»
Si tu le souhaites, peut-être, mais surtout si tu as 1500 euros à débourser chaque mois pour te l’offrir…
1500 € c’est le prix pour une LS de France Telecom
Ou presque. Mais pas de 10 Mbps symétriques.
10 Mbps c’est pour une entreprise. Je n’en ai pas besoin aujourd’hui. Et si j’en avais besoin je payerai pour.
Sinon, rappelle-toi, ici c’est Wimax ou rien…
Ce billet et les commentaires qui suivent montrent bien l’etendue du probleme actuel du Haut Debit.
La difficulté, c’est que les consomateur que nous sommes n’ont que faire de la technologie qui leur donne acces au Haut Debit. Il ne s’interessent (et c’est bien normal) qu’aux services qu’ils vont pouvoir consommer.
Pourtant le débat sur les technologies déployées est important car ce sont elles qui vont assurer l’avenir et la pérénité des services.
Le Wimax, le WiFi, le xDSL, la fibre optique sont des technologies avec chacunes leurs avantages et leurs inconvéniant.
Il ne faut pas sombrer dans un débat stérile du « pour ou contre le Wimax », ou du « la fibre est la seule solution, le wimax ca ne vaut rien ».
Tout dépend de l’échelle de temps et de l’étendue du déploiement.
Si on raisonne sur du tres long terme (10ans a 20ans) alors Alexandre a raison: seule la fibre optique pourra répondre a la demande.
Par contre, si on raisonne sur le cour terme (le besoin actuel) et sur l’étendue importante a couvrir; alors le Wimax a un role important a jouer.
Le danger c’est de ne pas identifier le vrai probleme: l’amortissement des investissement.
Si il faut 10ans pour amortir la fibre optique, ce n’est pas grave car elle pourra répondre aux besoin de débit futur grace a sa forte bande passante (on peut faire circuler plus de 500Gbps sur une seule fibre optique).
Par contre, si il faut 10ans pour amortir des investissement Wimax, on risque d’etre confronté a un gros probleme. En effet, le Wimax ne pourra pas répondre aux besoins de débit dans 10ans (il a deja du mal a répondre pleinement aux besoin d’aujourd’hui)
Et c’est la que le WiFi entre en scene. La technologie WiFi ne coute pas cher et peut etre amortie en 2 a 3ans. Certe le débit n’est pas exeptionnel. Certe la porté en diffusion n’atteint que 500m, et un pont WiFi ne peut attendre qu’une 10aine de kilometres.
Mais cela peut apporter une solution viable pour quelques annees pour les villages tres tres isolés qui couteraient cher aujourd’hui a couvrir en Wimax et qui ne pourraient jamais assurer l’amortissement d’un pylone Wimax.
La solution de cette équation complexe n’est pas le débat stérille ou dans une solution idéale.
Il faut alier les technologies au lieu de les placer en position de concurence.
Le WiFi et le Wimax ne se font pas concurence, ils sont complémentaires.
De meme, la fibre optique n’est pas le concurent du Wimax ou du xDSL, c’est le succésseur de ces technologies dans les 10ans a venir.
La concurence des services est bonnes car utile au consomateur (baisse des prix, amélioration de la qualitée du service, …).
Par contre, la concurence des technologies n’est pas toujours tres utile et conduit souvent a des problemes pour le consomateur: on se souvient des problemes entre la DCC, la DAT, le MD, les différents formats de cassette vidéo, le probleme actuel entre Blue-ray et HD-DVD … tout cela conduit a des problemes pour le consomateur.
Au lieu de débatre inutilement sur le pour ou contre le Wimax, pour ou contre le WiFi, pour ou contre la fibre optique, … Peut etre vaudrait-il mieux essayer d’allier ces technologies pour le bien de tous?
sam
J’habite en Haute Savoie non seulement dans un village paumé, mais à l’extrémité la plus éloignée de la commune. Au terme de deux ans de discussion avec France Telecom et autres, le choix de la commune s’est porté sur un fournisseur d’accés rural par radio. Enfin!!! Six mois plus tard, l’émetteur qui en principe doit me desservir est enfin installé et on me remet le kit de connexion. Mon installateur et moi venons de passer le week-end (pluvieux) à nous promener sur le toit de ma maison pour trouver LE point de réception. En vain: trop d’arbres entre l’émetteur et ma maison. Et je me retrouve gros jean comme devant. Est-ce que quelqu’un a une idée, en dehors de la solution qui consisterait à raser les arbres entre l’émetteur et ma maison, mais alors, il vaudrait mieux aller habiter en ville, non?
Non Marie, ne coupez pas les arbres !
Essayer de voir avec l’installateur si vous ne pouvez pas monter une antenne-relais.
Sinon il reste l’option du satellite…
Je fais un diagnostic haut débit sur les monts du forez (loire). Vous avez l’air concerné et renseigné. Je recherche des renseignements sur les besoins nécessaire par rapport aux différents usages.
Le problème de la couverture radio avec de la végétation ou du terrain valloné se pose en Wi-Fi comme en WiMax (comme en 802.11a, etc).
Le vrai problème n’est pas de débattre sur les capacités théoriques ou vérifiées de telle ou telle technologie mais plutôt de savoir qui va pouvoir les déployer EFFICACEMENT.
Un réseau sans-fil rural ne se déploie pas comme un réseau GSM : on vient de parler des arbres, des collines, mais il y a aussi les conditions thermiques, les intempéries, le support client à fournir, globalement plus important que celui d’un abonné ADSL de banlieue. Pour toutes ces raisons, je suis persuadé, de façon totalement partisane, que des opérateurs radio locaux feront toujours un meilleur travail de couverture et d’amélioration du réseau qu’une grosse boite type Altitude ou FT.
Altitude en Vendée ? c’est plat ! FT sur le plateau du Larzac, encore pire !
Voyez le travail de Numevia, de la SCIC Viviers haut débit, c’est du trvail près de l’habitant, avec les élus locaux, le propriétaire de la grange bien placée, etc, pas seulement avec le chargé de mission TIC de la Région…