Témoignages sur le télétravail
Le 22 août 2005 | par Xavier de Mazenod | 28
Vous êtes télétravailleur ou vous projetez de le devenir ?
Vos témoignages sur votre manière de travailler, les avantages et les inconvénients que vous y trouvez sont les bienvenus. Ils seront très utiles pour ceux qui envisagent d’adopter ce mode d’organisation.
N’hésitez donc pas à témoigner dans les commentaires ci-dessous.
(Merci de ne pas poster de publicités pour vos prestations ou de demandes de travail, je les effacerai. Pour cela, écrivez-moi).





Bonjour Xavier
Je suis basée en Alsace, dans l’Outre-Forêt, dans un village rural de 500 habitants, un des plus beaux de France, à Hoffen très exactement.
La frontière allemande est à 15 km, j’exerce à domicile depuis 10 ans. J’aimerais témoigner quant au travail en milieu rural, qui n’est pas facile. Le métier de travailleur à domicile n’est pas estimé à sa juste valeur, souvent les gens nous voient comme des travailleurs sociaux… les entreprises font difficilement confiance à des travailleurs externes à l’entreprise, pour gangner ma vie je suis souvent amenée à me déplacer en entreprise…L’isolement aussi peut être un problème…le statut d’indépendant n’est pas favorable à nos métiers surtout pour l’information et la communiquation…autre, personnes pas organisées s’abstenir, une certaine rigueur est nécessaire pour travailler à domicile (flexibilité, disponibilité…)à ce jour mon activité génére une rémunération d’un emploi à mi-temps je la complète avec d’autres activités, toutefois j’ai une compensation du fait de pouvoir travailler dans mon village même.
Amicalement
Friede JUNG
Merci Friede. Bien d’accord sur la nécessité de s’organiser. Vous exercez quelle activité ?
Friede a raison lorsqu’elle précise « personnes pas organisées s’abstenir ». Le télétravail réclame une rigueur qui peut se résumer à être capable de commencer à travailler pendant qu’on fait couler le café à 6h du matin. Ca réclame également une compréhension de l’entourage familial. Un télétravailleur travaille beaucoup, de longues heures. En revanche, télétravailler, c’est être libre géographiquement. Je suis développeuse web et je travaille en freelance depuis 2 ans dans un village de Provence. La plupart de mes clients et partenaires sont à l’autre bout de la France et je ne les ai jamais rencontré (il faut aussi être capable de celà). A présent, je déménage, non pas pour me rapprocher des grandes villes, mais de la mer. Je programmerai au Grau du Roi dans quelques mois et celà ne devrait rien changer dans mon travail. La clé, c’est de savoir travailler seul, longtemps, et communiquer à distance avec aisance. A partir de là, vous pouvez être où vous voulez, avoir le soleil, la mer, et le travail
tout ceci bien beau, mais peu d’aide pour les chomeurs et trop peu d’information à l’ANPE.
Bonjour,
Je suis sur le point de m’installer en tant que télésecrétaire. Du fait des activités que je souhaite exercer, je peux être inscrite en tant que profession libérale ou artisan. Pouvez-vous m’indiquer quel est le meilleur statut.
Merci
Véronique
Non Véronique, je ne peux pas vous conseiller. Ce choix a des conséquences sociales et fiscales et je ne connais pas votre situation ni vos attentes.
je vous recommande le site http://www.apce.com ou de vous adresser à un expert-comptable.
tout ceci bien beau, mais peu d’aide pour les chomeurs et trop peu d’information à l’ANPE.
EN REPONSE AU MESSAGE DE MARIE:
Je voudrais ajouter , (car quand il y a de bonnes choses , il faut quand même le dire) qu’avec beaucoup de pugnacité on arrive à obtenir des aides , même au niveau de l’ANPE.
Pour ma part , je suis créateur d’entreprise (télétravailleur aussi en quelque sorte) puisque je fais de la vente sur internet.
Après un licenciement, s’est posé la question de savoir ce que je voulais et pouvais faire, et aussi comment je me positionnais sur le marché du travail:passé 40 ans il devient difficile de retrouver un emploi équivalent et surtout un salaire égal, chez un nouvel employeur.
Pour créer mon entreprise « Les Fées Créatives » (2 ans pratiquement entre la naissance du projet et la création effective de la société)je perçois encore mes indemnités ASSEDIC grâce à la demande d’ACCRE que j’ai formulé auprès des différents organismes.Le plus difficle est de déclarer chaque mois 1 heure et 1 euro de salaire, quand on sait la somme de travail que nécessite la mise à jour d’un site…
Je viens d’apprendre qu’il est encore possible (sous toutes réserves car je n’ai pas confirmation) après la fin des droits de percevoir éventuellement une allocation de solidarité spécifique…
Ce qui tomberait très bien puisque je ne peux encore retirer un salaire de mon entreprise.
Voilà donc pour rassurer Marie, mais surtout…avec de la volonté ,on arrive à bouger des montagnes.
Bon courage à toi …
Cordialement
Anna Fée webmaster du site http://www.lesfeescreatives.com
Bravo Anna pour la tenacité et pour le résultat !
Deux petites critiques sur la forme :
- je trouve que l’argonomie de votre boutique nuit à la présentation des produits (par exemple le menu de gauche est trop confus)
- le choix de MSN pour votre blog est dommage. Il existe de meilleures solutions même chez les hébergeurs gratuits : l’excellent http://www.canalblog.com (avec un peu de pub) et http://www.hautetfort.com (sans pub).
Bonne chance.
Dans ma société, le télétravail est possible grace à une démarche du management américain pour diminuer le temps passé par les collaborateurs dans les embouteillages et pour accomoder avec des contraintes personnelles comme familiales. Techniquement, l’accés au réseau est réalisé avec un VPN et un systeme d’autentification, et aussi des pabx permettant de controler les redirections et les boites vocales à distance. Toutes les salles de reunions sont équipées d’un téléphone spécial. La présence physique n’est plus nécessaire.
Cote maison, il faut avoir un espace suffisament adapté pour pouvoir se concentrer sur son écran, et ne pas déranger en cas de conversation téléphonique prolongée. Mais c’est tout.
Cordialement,
jj
Bonjour tout le monde,
Petite présentation rapide, je suis Gérant d’une petite société de Webdesign/Formation. Géant et seul et unique employé.
J’habite dans un tout petit village du sud de la Loire Atlantique et ma société est installée à mon domicile.
Toute mon activité de webdesign se fait exclusivement en télétravail, les seuls moments ou je suis en contact physique avec le client, sont en général les périodes pré signature, ensuite tout se gère via des outils collaboratifs en ligne, que je travaille en solo ou en constituant un groupe de professionnels.
Et tout le monde y trouve son compte.
Le télétravail est une réalité en France, les entreprises « à l’ancienne » ont encore du mal à s’y faire, mais des entrepreneurs un peu plus ouverts finissent par se dire qu’ils y ont de nombreux intérets.
Une petite chose, il faut quand même faire la différence entre le télétravail « salarié » et l’Outsourcing qui est une forme de soustraitance des entreprises mais avec des liens beaucoup plus étroits. Dans les faits, les deux se ressemblent beaucoup.
La hausse des prix de l’immobilier repousse les gens de plus en plus loin des grandes aglomérations, cela a un coût pour les salariés bien sur, mais cela à un coût aussi pour les entreprises, moins visible mais qui pousse certaines entreprises à se poser de nombreuses questions.
- Un salarié qui habite loin est plus fatigué en arrivant au travail : perte de productivité.
- Un salarié qui habite loin est moins souple sur ses horaires voir aura tendance à grignoter quelques minutes de ci de là (volontairement ou non : embouteillages du matin, arret du travail un peu en avance pour partir à l’heure pile) : perte de temps de travail effectif.
- Un salarié qui habite loin voudra un jour ou l’autre trouver un emploi proche de chez lui : perte de compétences.
- Un salarié qui habite loin et qui vient en voitures aura plus tendance à accepter des arrêts maladie même de courte durée pour récupérer de la fatigue : encore une fois perte de temps de travail effectif.
De fait, tout cela a un coût, et les entreprises s’en rendent de plus en plus compte. La mutation s’effectuera avec un changement des mentalités et une forte évolution des outils collaboratifs.
Mais attention, comme déja précisé au dessus, tout le monde n’est pas fait pour travailler à distance, cela demande de l’organisation, de la rigueur et un certain sens de l’initiative personnelle.
Ceci dit, rien n’empèche une société d’instaurer des outils permettant de gérer le personnel en télétravail « comme à la maison », tout le monde s’y retrouve : l’employé car il ne se sent pas seul et l’employeur car il garde un « contrôle » sur son équipe.
Ne pas oublier également un facteur important de l’immobilier dans les villes : embaucher des télétravailleurs ou transformer des postes déja existants en poste de télétravail peut permettre à l’entreprise de faire de gros gains sur ses frais de fonctionnement : charges locatives moindres, impact également sur la taxe professionnelle etc…
Pour l’outsourcing, on retrouve beaucoup des éléments vus au dessus en rajoutant plusieurs facteurs :
- Pour l’employeur : Je ne paie que ce dont j’ai reellement besoin.
- Pour l’ »indépendant » : je ne suis pas affilié à une société, je travaille pour plusieurs « employeurs ».
Il faut se retrouver dans une situation gagnant/gagnant ou l’ »employeur » et l’ »employé » ont tout à y gagner.
Je vais vous donner un exemple d’une personne de ma région :
Elle est secrétaire médicale en télétravail.
Elle travaille pour 3 médecins de 3 villages différents.
Gains pour elle :
Elle travaille chez elle.
Si elle perd un de ses employeurs, elle n’en perd qu’un, elle ne se retrouve pas au chômage (bien qu’il faudra bien qu’elle en retrouve un autre).
Elle est employée a temps partiel par chacun des 3 médecins et a donc tous les avantages d’un salarié.
Etc.
Gains pour les employeurs :
Gains structurels, ils n’ont pas eu a installer un bureau de secrétaire dans leurs petits cabinets.
Ils se sont partagé les frais de matériel.
Ils ne paient chacun qu’un temps partiel.
Etc…
Je reste intimement persuadé que l’outsourcing et le télétravail sont une piste d’étude pour une mutation de l’emploi en France, mais pour cela il faudra que tout le monde y mette du sien.
Ma vie avant le teletravail :
Je me levais a l’aube stressee, des le matin, a l’idee que j’allais devoir affronter 1h30 de bouchons. Je me levais avec peu d’appetit. Prendre un petit dejeuner equilibre etait une mission impossible, je partais toujours en catastrophe.
Depart de la maison a 7 h, arrivee au boulot a 8h30 quand ce n’etait pas 9 h apres s’etre faufilee entre les camions, avoir failli se faire broyer par plusieurs voitures,…
J’arrivais saine et sauve au boulot presque tous les matins et c’etait comme cela tous les jours.
Il fallait traverser un long parking sous la pluie, affronter parfois la neige, le verglas. Gratter les carreaux de la voiture en hiver, pendant une bonne demi-heure avant de prendre la route, matin et soir. De quoi etre en forme et de bonne humeur…
Comment, dans ces conditions, etre en forme pour bien demarrer sa journee de boulot ? Face a des collegues qui ne comprennent pas notre mauvaise humeur et notre fatigue des notre arrivee ? Face a un chef qui hurle qu’on a encore une demi-heure de retard ? Meme si on explique, avec la plus grande patience du monde, que ce n’etait pas de notre faute que c’etait encore un accident sur l’autoroute qui a provoque un ralentissement sur le voie.
Le ventre vide, je demarrais peniblement ma journee, meme si j’etais pleine de bonne volonte. Et je scrutais le ciel, en fin d’apres midi, en esperant qu’il n’allait pas geler, ou qu’il n’allait pas neiger car le chemin de retour etait aussi un parcours du combattant, qu’il fallait braver avant d’arriver a la maison, et, ce retour, n’etait jamais avant 22 heures. J’etais completement epuisee. Je ne prenais meme pas le temps de me preparer un repas le soir. Les gaz d’echappement avaient fini de m’achever et je m’endormais lourdement avec une migraine atroce, jusqu’au prochain reveil. Et ainsi de suite…
J’avais l’impression d’etre comme Sisyphe roulant ma pierre jusqu’en haut de la montagne pour la voir redescendre et retomber lourdement…Un eternel recommencement.
Ma vie aujourd’hui en tant que teletravailleur :
Je me leve a l’aube, je prends le temps de me preparer un bon petit dejeuner equilibre. Tout en savourant un bon the, je releve mes mails grace a ma connexion wifi et a mon ordinateur portable qui ne me quitte pas de piece en piece dans toute la maison.
Je prends le temps d’aller faire un petit tour dans le jardin accompagnee de mon telephone sans fil. Je respire un air frais et revivifiant qui me donne une energie a deplacer des montagnes. Il est 9 heures, je m’installe a mon bureau, pleine de gaiete et d’enthousiasme et surtout, je suis zen. Je reponds d’abord a mes messages les plus urgents. Puis, je traite mes dossiers en cours. Les heures s’egrenent sans que j’y prete attention. Ma concentration est totale. Je ne m’inquiete pas de savoir si j’ai eteint le gaz ou si le fer a repasser est bien debranche. Zen, je suis zen.
Je n’ai pas de collegues perturbateurs qui viennent me raconter leurs derniers deboires avec leur conjoint.
Je n’ai plus ce sentiment de me battre contre des chimeres. Chaque heure de travail m’enrichit, pas seulement d’argent car, toutes mes heures de travail ne sont pas facturables, mais, elles m’enrichissent dans le sens ou, je me sens vraiment utile et epanouie, avec cette impression d’avoir fait le bon choix. Celui qui me correspond le mieux. Il n’y a pas de doutes pour moi que ma place etait veritablement a la maison, en tant que travailleur independant. Avec du recul, je me rends compte a quel point j’ai brade mon temps, 3 heures de trajet chaque jour pour me rendre au boulot, 15 heures par semaine, 60 heures par mois, 660 heures par an. Un vrai gachi !
Hello Xavier. Comme bcp durant la bulle internet, je cumulais les boulots et donc les heures de travail que je passais soit au bureau, soit chez moi quand je le pouvais.
Modérer des forums, animer des communautés, rédiger des papiers.. tout en se faisant livrer une pizza chez soi, en tong et caleçon, c’est un plaisir que j’ai eu énormément de mal à quitter lorsqu’il m’a fallu travailler dans une start-up à plein temps, ce que j’ai fait quelques temps cependant.
Depuis 2001, j’ai crée MotsAndCo, une agence basée sur le principe de réseau [