Enjeux et usages du très haut débit dans les zones rurales
Le 2 juillet 2008 | par Xavier de Mazenod | 6
Le Pôle lozérien d’économie numérique organisait donc un colloque le 30 juin, à Mende, sur les enjeux et les usages du très haut débit dans les zones rurales.
J’y participais, aux côtés de Jean-Michel Billaut, alias M. FTTH, et de Phillipe Le Grand, directeur de Manche numérique qui intervenait à distance comme moi.
Merci à l’initiateur de ces rencontres, Lozère développement pour cette réunion et à l’infatigable Pierre Ygrié qui s’active depuis des années pour développer sa Lozère. Et j’ai enfin pu mettre un visage sur Laurent Caplat, également témoin dans ce colloque, fondateur de la boutique Bien manger dont j’avais parlé ici.
Le très haut débit est vital pour développer les territoires ruraux. Il peut être une réponse aux handicaps des campagnes pour compenser l’éloignement des cenrtes urbains et des services (santé, enseignement ou culture). Il peut aussi être une réponse à la demande montante dans la population de qualité de vie et de développement durable.
Son déploiement est long et cher. Si en plus il faut pâtir d’une non-prise de conscience des élus locaux, on n’est pas sorti de l’auberge. Merci donc aux Lozériens (et à nos voisins de la Manche) de réveiller les consciences





C’est vraiment le monde à l’envers ! C’est nous qui devrions vous remercier ,Xavier, de vous intéresser depuis des années à la « petite » Lozère !
A l’exception du réseau routier ,dense et d’excellente qualité, la plupart des infrastructures du département sont vieillissantes .C’est très « visible » pour le fer,beaucoup moins mais tout aussi dangereux pour les infrastructures fixes télécoms ; ces infrastructures sont aujourd’hui quasi exclusivement en fil de cuivre .Or le réseau cuivre ,propriété de France Télécom, s’il est relativement bien entretenu(à vérifier) lorsqu’il est créateur de business ( territoires Adsl) ,ne l’est plus beaucoup ailleurs où il n’est plus rare de voir des coupures de téléphone se prolonger parfois au-delà de 10 jours !
Sans intervention forte de la puissance publique et malgré la volonté politique des élus départementaux et le soutien des élus régionaux il sera très difficile voire impossible pour la Lozère de financer les deux réseaux de communication électronique dont elle a pourtant impérativement besoin pour se développer : un réseau principal en fibre optique et un réseau complémentaire ( hertzien et satellitaire)
Le modèle du « développement lozérien »,basé plus qu’ailleurs peut-être sur les déplacements compte tenu de la faiblesse de la population et de sa dispersion dans 2000 villages ou hameaux , n’est pas pérenne à terme .Les Lozériens en sont conscients et sont prêts à s’investir pour inventer un nouveau modèle sur un territoire qui nous parait, de par sa taille (grande) et de par sa population (faible), disposer de tous les atouts pour mener à un coût maîtrisé une expérience pilote de mise en oeuvre d’un pole de développement durable basé sur du très haut débit en zone rurale.
Il se dit beaucoup en haut lieu que,la fibre étant très chère pour les campagnes (à vérifier) ,
la solution c’est la radio. Comme cette solution est en cours de développement (wimax,3G etc… ).avec les fréquences qui seront issues du dividende numérique en 2012 ( fréquences libérées par le passage de la télé analogique à la télé numérique) tous les problèmes seront résolus ! Il serait moins hypocrite de dire que les ruraux seront demain des sous citoyens ! Nous ne sommes pas contre les fréquences radio, nous voulons les deux !
Merci de nous y aider –
Pierre,
Evidemment que la fibre est chère, comme le téléphone ou l’électricité il y a 100 ans. Est-ce une raison pour ne pas équiper les campagnes ?
L’Orne a les mêmes problèmes que la Lozère avec sa faible densité d’habitants (env 42 au km2) et une forte dépendance à l’automobile. Nous sommes dans la même galère, vous avec vos brebis et nous avec nos vaches
La difficulté c’est de faire comprendre aux élus que le suivisme ne suffit pas. Nous avons besoin d’anticipation.
L’objectif doit être clairement affirmée : le FTTH le plus tôt possible, avec des étapes et des combinaisons de technologies, nous sommes réalistes. Pourquoi ne pas fibrer tout de suite chaque village ? La fibre de FT arrive déjà dans tous les NRA de France. De là, on déploierait par proximité, au fur et à mesure des demandes de raccordement.
FT nous refait avec la fibre le coup de l’Adsl à l’époque où elle n’avait pas de concurrence. Trouverons-nous un Free ou un Neuf/SFR pour aiguillonner notre ex-opérateur historique ?
Mais nous sommes mal barrés, ici comme en Lozère. On en est encore à boucher les trous http://tinyurl.com/4f8w9u. Ce serait bien si c’était une solution d’attente du THD.
J’ai parfois l’impression de radoter
Bonjour,
Vous dites « Evidemment que la fibre est chère, comme le téléphone ou l’électricité il y a 100 ans. Est-ce une raison pour ne pas équiper les campagnes ? ».
Non, ce n’est pas évident, et c’est même évidemment faux. Même en zone rurale, une fibre dans un projet à l’échelle d’un commune ou plus revient entre 1000 et 1500€ par logement.
A combien revient la pose des égouts centralisés ?
A combien revient un téléviseur grand écran ou un téléphone portable un peu évolué ?
C’est quel pourcentage de la viabilisation d’un terrain dans une construction neuve ?
De plus, chacun paye déjà l’amortissement de la ligne télécom cuivre à 9€ par mois dans son abonnement : il suffit de transférer ce paiement sur la fibre, et le remboursement tombe en 10ans, en apportant en même temps télévision numérique et vraie vidéo-conférence.
Donc la fibre n’est pas chère, elle est un revenu pour la collectivité.
Bernard merci d’avoir précisé et corrigé. Quand j’écris « cher », je devrais dire « un investissement lourd pour une collectivité locale ».
C’est une nuance importante. Lourd ne veut pas dire impossible car le retour sur investissement existe et est assez court.
Encore faut-il que cet investissement soit perçu comme vital et prioritaire. Là, on passe au chapitre politique du choix et de l’arbitrage des investissements.