Vous parcourez les archives de 2009 septembre

Session d’accueil pour vous installer dans le Perche

Le 24 septembre 2009 | 1

Le pays du Perche organise, les 2 et 3 octobre, une session de formation pour les candidats à l’installation.

Vous trouverez des informations complémentaires sur ces journées ainsi que des témoignages vidéo sur le blog ouvert par les organisateurs.

Programme des 2 journées

Vendredi

  • Votre projet & le Perche : quelles sont les opportunités du territoire ?
  • Atelier « comment préparer son projet d’installation dans le Perche ? » : rencontre des partenaires qui vous épauleront dans vos démarches
  • Soirée conviviale autour d’un repas avec des nouveaux arrivants et des représentants du territoire.

Samedi

  • Quel projet de vie dans le Perche ?
  • Visite découverte du territoire (entreprises, sites de loisirs, santé,…)

Dimanche (option possible : prolonger le week-end)

  • Circuit touristique du Perche qui vous conduira sur des sites emblématiques

Les participants (15 au maximum) seront sélectionnés à partir de dossiers présentant leur projet.
La participation aux frais est de 30 €/famille, incluant 1 nuit d’hébergement et la restauration.

Contact
Pays du Perche – Géraldine Pémartin
Tél : 02.37.29.09.29 – paysperche.siap@wanadoo.fr

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Un Granville-Paris bloque 50 élus bas-normands à Versailles

Le 14 septembre 2009 | 8

Cela ressemble à un gag : 50 élus bas-normands de retour du siège de la SNCF à Paris où ils avaient manifesté en faveur de la ligne Paris-Granville ont été coincés ce matin 45 minutes en gare de Versailles-Chantiers !

Cela fait toujours plaisir quand nos élus se penchent sur notre pauvre condition de citoyens-contribuables. J’espère qu’ils auront eu là un petit aperçu de nos tracas quotidiens…

Anecdote cocasse : Laurent Beauvais, président du conseil régional, qui faisait partie de la délégation prise au piège, publiait hier un article qui traduit son exaspération. J’attends avec impatience le billet suivant…

PS : quand je parle de tracas quotidien, ce n’est pas abusif. Après le grève injustifiable d’il y a quelques jours, le Granville-Paris était bloqué hier faute… de fuel.

PPS : je me demande si je ne vais pas finir par créer une catégorie « Feuilleton du Paris-Granville » ?

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Altitude invente le Wimax asymétrique avec WiBox

Le 10 septembre 2009 | 27

Depuis le 1er septembre, Altitude Telecom utilise la marque WiBox pour ses prestations de fournisseur d’accès.

Le nom est plus plus marketing mais les prestations sont les mêmes. Ou plus exactement, elles sont moins bonnes.

L’offre « particuliers » passe à 2 Mbps de base au lieu de 1 Mbps. Chic ? Et bien non car l’offre devient asymétrique (2 Mbps en descente et seulement 512 kbps en montée), un non sens pour le Wimax. L’offre TPE reste la même avec 4 Mbps asymétriques.

Les vieux clients « particuliers » d’Altitude, abonnés depuis plus de 24 mois, peuvent opter pour l’augmentation de débit, avec obligation d’engagement pour 24 mois.

Le problème c’est que l’asymétrie n’est indiquée nulle part. On l’apprend par hasard, au téléphone avec le service client en insistant un peu.

Vous ne trouvez pas cette pratique commerciale limite ? D’autant qu’Altitude est depuis longtemps ambigüe avec l’asymétrie.

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10 outils collaboratifs pour affronter la grippe A en télétravail

Le 9 septembre 2009 | 44

Afin de vous aider à préparer votre plan de continuité d’activités pour faire face à la pandémie de grippe A, je vous ai sélectionné mes 10 outils collaboratifs préférés qui vous permettront de télétravailler à l’abri du virus.

Ils sont en fait 11, car, pour le wiki j’ai proposé 2 solutions.

Ces outils sont tous gratuits (au moins dans leur version de base) et accessibles par le Web (sauf Skype et Dropbox). Ils ne devraient donc pas poser trop de problèmes de sécurité aux systèmes informatiques de votre entreprise. Ils sont multiplateformes (PC, Mac ou Linux) et utilisables depuis un navigateur (Firefox recommandé).

J’ai choisi de vous les recommander parce que je les connais bien : je les utilise au quotidien. De plus, leur temps d’apprentissage est court et convient donc bien à une situation de crise.

Ils vous permettront de travailler en groupe depuis chez vous, d’organiser vos rendez-vous, d’échanger, de partager des fichiers, même lourds, de travailler à plusieurs sur les même documents, de communiquer, de réaliser des conférences à distance, de téléphoner, de réaliser des démonstrations en ligne, de former, d’animer votre communauté (collaborateurs, clients)…

Skype

La solution de téléphonie IP s’est sérieusement enrichie au fil des ans. Elle permet aujourd’hui, dans sa dernière version de réaliser des vidéoconférence à 2, des audioconférences à plusieurs et de partager son écran avec son interlocuteur pour expliquer ou montrer le fonctionnement d’un logiciel.

Dropbox

Dropbox est une solution de partage-synchronisation de fichiers qui peut aussi servir de sauvegarde en ligne (2 Go de stockage dans la version gratuite)

Pour partager un fichier (et travailler à plusieurs sur le même document), vous le placez par un simple glisser-déposer dans un dossier pour lequel vous autorisez l’accès. Vous pouvez ainsi partager différents dossiers avec différents correspondants. Ou accéder à vos dossiers depuis plusieurs ordinateurs.

Gmail

Bien que l’email ne soit pas un outil très productif, il est difficile de s’en passer dans un cadre professionnel traditionnel. Un service de messagerie accessible par le Web est donc indispensable en mobilité.

Gmail est un webmail puissant équipé d’un moteur de recherche interne très efficace (on est chez Google) pour retrouver ses courriers archivés. Depuis peu, on peut aussi classer ses messages dans des dossiers. Gmail est équipé d’un antispam intelligent, qui apprend, et permet de stocker 7 Go d’archives.

Google doc

Avec votre compte Gmail vous avez accès à la famille des applications de Google dont Google doc qui offre des outils bureautiques gratuits (traitement de texte, tableur, présentations et utilitaired e création de questionnaires en ligne), compatibles avec la suite Office et avec Open Office.

Yuuguu

Yuuguu est une solution web de partage d’écran et de conférence web. Dans sa version gratuite, les participants sont limités à 5.

Yuuguu s’interface avec Skype à qui il offre des possibilité accrues.

xWiki et Netcipia

xWiki est une suite d’outils collaboratifs open source gratuits : wiki, site web participatif, intranet/extranet, veille collaborative… xWiki doit être installé sur un serveur.

Si vous préférez une solution mutualisée, sans aucune installation, Netcipia vous permettra de créer un site web collaboratif,  une sorte de wiki convivial et simple d’emploi (Netcipia a été développé sur xWiki).

Twitter

Twitter est un phénomène qui vous sera utile à beaucoup de choses : outil de microblogging (on poste des messages limités à 140 caractères qui sont lus par « notre » communauté), Twitter vous permet des échanges rapides et une veille pointue. Il peut aussi être utilisé comme messagerie instantanée privée si on réduit l’accès de son compte.

Doodle

Doodle est un petit utilitaire en ligne très précieux qui permet de fixer une date à plusieurs (vous avez déjà essayé d’arrêter une date de rendez-vous à 20 personnes en utilisant le mail ?) ou de faire un choix entre plusieurs propositions. Développé par un Suisse, il est aujourd’hui interfaçable avec des réseaux sociaux comme facebook.

WordPress

WordPress est « la » solution de blog la plus évoluée qui, au fil des versions, est devenu un véritable CMS (logiciel de gestion de contenu pour gérer un site web). Il existe en deux versions, l’une à installer sur un serveur, et l’autre en ligne, mutualisée, wordpress.com.

Jimdo

Jimdo est une solution de création en ligne de sites web (gratuits dans la version de base) très intuitive et équipée de fonctionnalités bien pensées : dans la version payante vous pouvez incorporer un blog ou une solution de newsletter à votre site. Développé en Allemagne, il est aujourd’hui multilingue.

Et vous, vous utilisez quoi comme outils collaboratifs ?

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Choses vues, entendues et pas vues à RuralTIC

Le 9 septembre 2009 | 6

Marc Duchesne, autre envoyé spécial de Zevillage à RuralTIC, nous rapporte ses observations glanées à Aurillac à propos d’aménagement numérique du territoire.

Pendant que mon camarade Alain Baritault jouait au Grand Reporter, caméra numérique dans une main et carnet de notes dans l’autre, je découvrais RuraliTIC en observateur « intêressé ».

Très haut débit, développement durable, et nouveaux usages en milieu rural: de quoi bien occuper ces deux belles journées en terre auvergnate.

Morceaux choisis…

Sur les nouveaux usages, ceci, entendu pendant la Table-ronde « Télé-Médecine »:

Albert Claude Benhamou, professeur de médecine, chirurgien, et expert TIC, en aparté, avant l’ouverture de la conférence :

« On n’a pas besoin du Très Haut Débit pour faire de la Télé-Médecine dès maintenant. C’est une question de structures et de méthodes. »

Effectivement, veillons à ne pas mettre la charrue avant les boeufs…

Anne-Marie Comparini, consultante Datacet et ancienne élue:

« Dans la population française des plus de 80 ans, seuls 10% sont « connectés, alors que en Suède la proportion est de 80%. »

Ne serait-ce pas là la véritable fracture numérique ?…

Thierry Zylbergberg, Vice-Président Orange Santé:

« Il faut crever la baudruche qui dit que ‘la technologie déshumanise’. Au contraire, la technologie aide à restaurer le lien social ».

Entendu systématiquement dans toutes mes conversations avec des maires et des présidents de communautés de communes de la France d’en Bas: « le Très Haut Débit nous aiderait à restaurer le lien social »…

« Une étude réalisée dans 5 pays dont la France, l’Espagne et l’Italie, montre que la population est majoritairement favorable aux services de télé-santé. En France, les personnes les plus réticentes sont les acteurs du monde médical. »

D’où l’échec jusqu’à présent de quasiment toutes les expérimentations de télé-médecine, par exemple en Champagne-Ardenne. Peut-être faudrait impliquer le monde médical dès la conception des solutions ?…

« On n’a vraiment pas besoin de la fibre optique pour le suivi médical des personnes âgées à domicile. Juste quelques points de mesure périodiques… ».

Bis repetitae. La fibre optique ne sauvera jamais une jambe. Des procédures et méthodes fiables et faciles à mettre en oeuvre, si.

« Ce qui est indispensable, c’est accompagner les gens dans le changement. »

On assiste à un changement de comportement radical des industriels et opérateurs: ils ont compris que leurs produits, pour être adoptés par le plus grand nombre, doivent être conçus avec le plus grand nombre.

« Les collectivités locales doivent penser dépenses de fonctionnement pour l’accompagnement et le déploiement des nouveaux services auprès des citoyens, et pas seulement investissement dans les technologies »

Les usages avant la technique, enfin !

Dr. Philippe Thieblot, président du Conseil régional d’Auvergne de l’Ordre des médecins:

« Si les médecins sont réticents à la télé-médecine, c’est uniquement parce qu’ils ne sont pas rémunérés. Le problème est la rémunération du temps passé ».

Impliquer les médecins dès la conception des solutions de télé-médecine, sinon cela ne marchera jamais.

Sur le développement durable, vu et entendu pendant l’Atelier « Impact des TIC sur le développement durable »:

Conçu et piloté par l’efficace Gilles Berhault, président d’ACIDD, cet atelier promettait beaucoup sur le papier. La salle était comble, de nombreux participants se pressant jusque dans le couloir.

Après son habituel rapide et percutant tour d’horizon de la problématique « développement durable », Gilles passait la parole au « témoin » du jour », à savoir Hughes Aubin, chargé de mission TIC à Rennes Métropole. Qui ne quittait plus le micro, se lançant dans un exposé certes brillant mais totalement hors sujet sur les nouveaux outils type Web 2.0, l’Open Source, et tout ce genre de choses que les geeks et early adopters adorent, mais que l’élu local abhorre…

Un atelier à sens unique – un comble lorsque l’on parle « Web 2.0″ – qui a, au vu des nombreux regards interrogatifs et au su des murmures « agacés », n’a pas atteint l’objectif affiché dans le programme : Web 2.0 et développement durable, le lien est difficile à faire pour la très grande majorité des élus de nos campagnes…

Sur le Très Haut Débit, choses pas vues, chose entendue

A part les interventions des sénateurs et députés, et du ministre Michel Mercier – voir le compte-rendu d’Alain, le Très Haut Débit semblait bien loin des préoccupations immédiates de la plupart: les zones blanches ADSL étaient souvent évoquées dans les conversations et les questions des élus locaux…

Toutefois, un élément revenait très souvent : la mise à disposition de tous des données sur les infrastructures du territoire, sur le modèle de l’initiative DataSF récemment lancée par Gavin Newsom, Maire de San Francisco.

L’idée générale étant que la collectivité locale doit pouvoir :

  • disposer de toutes les informations relatives aux réseaux télécoms existants sur son territoire, pour
  • mieux mettre en place, à moindres coûts, son propre réseau type RIP Réseau d’Initiative Publique.

Quel maire de France osera rejoindre San Francisco dans la démarche ?…

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Regain d’intérêt pour le télétravail : merci à la grippe A H1N1 ?

Le 8 septembre 2009 | 7

Pour faire suite à l’article de Xavier sur le télétravail et la pandémie grippale, voici une reportage de France 24 qui nous reparle de l’utilité et des avantages du télétravail et du regain d’intérêt pour cette façon de travailler vu le contexte actuel. Dommage qu’il faille en arriver là pour qu’on recommence à s’y intéresser.

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A la poursuite du temps retrouvé à la campagne

Le 3 septembre 2009 | 6

Beaucoup de citadins trouvent insupportable ce temps qui leur échappe à la ville. Vie trépidante, stress, course contre la montre, ils passent leurs journées à courir après le temps. Leurs rêves de campagne sont donc peuplés d’un temps idéalisé. Attention, fuir la ville ne suffit pas à retrouver le temps nous dit Sophie.

« On dirait le Sud, le temps dure longtemps », dit la chanson de Nino Ferrer. On voit bien ce que cela veut dire que le temps dure longtemps, comme quand on était petit.

On voit bien pourquoi : le temps est relatif, et plus on est jeune et plus le temps est long. Mais après, on court après ce temps long.

Où est passé le temps ?

Vous rentrez de vacances.
Vous reprenez vos rythmes de travail et vos enfants le chemin de l’école.
Au mois de juin, vous vous êtes dit que tout allait s’arrêter, se figer, ralentir.
Vous êtes parti en vacances. A la campagne, ou ailleurs, en pleine nature.
En espérant l’éternité, ou l’éternisation d’un temps privilégié.
Vous rentrez : le temps ne s’est pas éternisé.

A-t-il seulement ralenti, entre les déplacements en voiture, les rencontres familiales, les envies amicales ?

Vous pensez que l’ennemi du temps, c’est l’agitation de votre ville, de vos horaires, de ceux de vos proches. Et c’est pour cela, pour ne plus être haletant, que vous prenez des vacances, que vous rêvez d’installer votre vie en province, encore mieux à la campagne. Et là, un jour, le temps ralentirait.

En ville, on accuse la ville. Circulation. Feu rouge. Feu vert. Le métro arrive. Une sirène. On se dépêche pour traverser.

Alors on rêve de s’installer à la campagne. On imagine ses rythmes ; saisonniers : moissons, vendanges, vêlages, regains, confitures, marches à pied pour la forme, soirs d’hiver où l’on n’a rien à faire sinon à lire tous les livres qu’on n’a jamais lus, circulation bloquée par le gel, pas de feu rouge à moins de quinze kilomètres.

Nous avons fait cela : partir à la campagne, en province, loin du temps hystérique. Et croire que toute la domestication du temps arrive avec le camion du déménageur, c’est vraiment faire une grave erreur !
La vitesse du temps, dont chacun s’accorde à dire qu’elle est relative, ne dépend pas d’un levier. Ville, campagne, province, grande métropole : « Le temps va, tout s’en va ».

On est déçu, comme à un retour de vacances : le temps ne s’arrête pas, pis, ne ralentit jamais.
Encore que.

Il ne s’agit pas de changer de place, de lieu, de job, de femme, de mari, de maison. On finit par découvrir que pour changer de temps, il faut se changer soi-même.

Oh, pas des grands changements. Pas forcément aller chez les moines (leur rythme journalier n’a rien à envier au vôtre !) ou chez les bouddhistes, ou aller élever des chameaux en plein désert…

J’ai quitté Paris. Je vis à la campagne.

A la campagne, j’ai un rythme d’enfer : entrées et sorties d’école, de collège, courses pour le week-end, attentes interminables chez les dentistes, médecins, ophtalmos, amis parisiens de passage, distances, magasins qui ferment tôt.

Je croyais que la longueur de temps allait m’être donnée en cadeau sous prétexte que le  paysan cultivait les champs alentour au rythme des saisons…

Et bien finalement, je vous le dis : le temps ne passe pas moins vite en province ou en pleine nature. Pour le faire ralentir, un seul frein : soi-même. Le même qu’à Paris, Marseille ou Lyon.

Et pas de grand principe ! Juste des petites recettes à réinventer tout les jours : pour faire ralentir le temps, il faut prendre le temps.

Partir à un rendez-vous un peu en avance, et pas à la bourre. Faire les provisions en anticipant et pas au dernier moment. Prendre le temps de prendre son café, d’ouvrir la porte à un importun, de répondre au ron-ron du chat.

Plein de choses que je faisais déjà à Paris : c’est comme ça que je prenais des notes sur les idées géniales qui me venaient aux feux rouges, où que je découvrais de magnifiques balcons en fer forgé, juste en levant le nez dans les embouteillages, parce que je n’étais pas stressée, parce que j’étais partie dix minutes en avance…

Alors, pourquoi s’installer à la campagne pour essayer de réapprivoiser le temps ?

Aucune raison objective : rien ne se passera en dehors de vous. En revanche, si vous avez la conscience d’une horloge interne à ralentir, vous trouverez en province en général, à la campagne en particulier, bien plus présentes qu’en ville, un nombre incalculable de circonstances qui serviront de béquille, d’aide et de très puissants alliés pour vaincre le passage du temps.

La plupart de ces circonstances ont des allures de contretemps, contrariété, boulet, galère, à première vue. C’est soi-même qu’il faut admonester, convaincre, amadouer pour parvenir à accepter ce qui paraît inacceptable, et qui finalement constituera  votre meilleure arme pour tuer le temps avant qu’il ne vous tue.

Voici ces monstres campagnards, vos meilleurs amis : les engins agricoles, en toute saison sur les routes, mais surtout en temps de moisson. C’est en général le moment où vos enfants passent des examens…Ralentissez, regardez autour de vous, dites bonjour aux vaches et aux chevaux.

La désertification médicale rurale : pour patienter dans la salle d’attente la bien nommée, prenez le livre que vous vous plaignez de ne pas avoir le temps de lire depuis trois ans.

La visite intempestive : votre voiture est dans votre cour ; votre voisin vient vers midi ; prenez le temps de boire un verre, même si vous aviez prévu d’envoyer votre travail par mail à 13 heures. Pareil vers sept heures du soir. Pareil vers 23 heures si c’est la moisson.

Vous attendiez vos tomates hâtives début juillet : elles ne sont mûres, et encore, que début septembre : apprenez que le ciel décide du temps, pas vous. C’est la rentrée des classes ? N’oubliez pas d’aller cueillir les mûres pour les confitures: c’est plus urgent que de couvrir les livres.

Attendre, attendre, que les poules pondent à nouveau. Que la lune croisse pour planter. Attendre la première gelée pour récolter les prunelles. Compter une heure de marche rapide pour compenser une séance de gym. Attendre qu’il pleuve moins pour l’heure de marche…

En gros, c’est attendre, toujours attendre. Y compris vos amis parisiens qui viennent pour le week-end le vendredi soir, et que vous devrez attendre jusqu’à près de minuit en entretenant le feu de bois qu’ils espèrent à leur arrivée, feu de bois qui va dévorer le temps qui nous dévore.

Temps perdu ?
Non, voilà le temps gagné. Chacun de ces instants où il faut patienter est un instant contre le temps.
On dit : autrefois le temps durait plus longtemps.

C’est faux : autrefois on était plus patient avec le temps trop long, et on ignorait le temps trop court.
En vivant en milieu rural, on a à portée de sensibilité des tas d’aides à freiner le temps : il suffit d’accepter le ralentissement, de regarder le paysage, le ciel, en un mot, de « contempler ». Et de compenser très vite un « temps perdu » par un moment de « vie gagnée ».

En milieu rural, on a à portée de vie et d’amour, des alliés irremplaçables et très nombreux pour domestiquer le temps : les animaux. Les hirondelles qui font le printemps, les oies sauvages qui font l’automne, les juments et les ânesses qui ont des gestations plus longues que celles des femmes, les aoûtats qui ne piquent qu’en août, les poules qui ne pondent pas tout le temps…

Cela dit, on peut faire strictement la même chose à Paris. C’est juste moins facile : il y a moins d’outils de patience à disposition. Plus les immeubles sont hauts et moins on voit le ciel. Moins il y a de ciel, et moins il y a de nuages.

Voir passer les nuages, c’est voir passer le temps.

Et votre culture cinématographique vous le dit : quand un réalisateur veut donner l’impression d’une accélération du temps, il fait accélérer le passage des nuages.

A la campagne, les nuages, on les voit bien, et personne, sinon le vent, ne les fait accélérer.

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Quels financements des infrastructures stratégiques pour le développement des territoires?

Le 2 septembre 2009 | 0

Alain Baritault était en reportage à RuralTIC pour Zevillage. Il commente les débats auxquels il a assisté.

Invités d’honneurs des Universités d’été pour les territoires Ruraux, (Rural TIC), Michel Mercier, le nouveau ministre de l’Aménagement du territoire et René Souchon, président de la région Auvergne, ont relancé le débat sur le financement et les conditions de la mise en œuvre des infrastructures nécessaires à la France pour migrer vers le très haut débit sur l’ensemble du territoire national.

Alors que le déploiement de la fibre à la maison (FTTH) est aujourd’hui au point mort suite à un conflit prétendument d’ordre technologique entre deux architectures qui cachent des stratégies non dites chez certains opérateurs.

Quelles infrastructures pour les services dans les territoires ruraux ?

La quatrième édition de l’Université d’été pour les Territoires (Rural iTIC) s’est déroulée  sous un beau soleil de fin d’été dans la superbe région du Cantal, au palais des congrès d’Aurillac.

« Nous avons bénéficié de l’aide des représentants de la région Auvergne et du Cantal, indique l’organisateur Serge Pilicer, et notre but est de susciter les réflexions et recueillir des témoignages sur les usages numériques et la mise en œuvre des infrastructures haut débit et très haut débit dans les territoires ruraux. »

La conférence était ouverte avec une interview  vidéo de Nathalie Kosciusco-Morizet, n’ayant pas pu se déplacer, qui orientait le débat sur les conditions de mise en œuvre équilibrée des services numériques et des infrastructures dans le monde rural.

« Avec mon collègue Michel Mercier, dit-elle, nous essayons de développer une politique d’infrastructure et de désenclavement des territoires qui soit équilibrée, au profit des territoires, au profit des emplois et au profit des personnes qui font vivre ces territoires. »

Elle mentionnait des nouvelles pratiques comme l’e-santé, l’e-administration, le e-commerce et le télétravail. Ce dernier représente un fort potentiel de développement des territoires ruraux sachant qu’en France, seulement 7% des gens pratiquent le télétravail alors que la moyenne européenne est déjà à 13%.

Elaborant sur les freins existants pour un plus large développement du télétravail en France, elle mentionnait ses propositions d’utiliser le grand emprunt national pour accélérer le développement du télétravail mais elle évitait d’aborder le point crucial que tout le monde attendait, à savoir le développement et le financement des infrastructures en milieu rural.

L’Auvergne, première région haut débit

Alors que Pierre Ygrié, responsable des Web du Gévaudan (dans la Lozère) rappelait la pétition pour la création d’un fond de péréquation en faveur des zones rurales défavorisées dont le député Pierre Morel à L’huissier fut à l’origine, Pierre Hérisson, sénateur de la Haute-Savoie, notait que la proposition de loi Pintat, discutée et votée au Sénat en juillet, jetait les principes de base d’un fond de péréquation pour la mise en place du très haut débit par la fibre sur l’ensemble du territoire Français.

D’une part, cette loi doit passer à l’Assemblée nationale pour être adoptée, mais pour l’instant, rien n’a été dit sur  le point essentiel de cette loi, c’est-à-dire la manière dont serait alimenté ce fond, par qui et comment les fonds seront répartis ultérieurement.

René Souchon, président de la région Auvergne, grâce au premier partenariat Public-Privé avec France Télécom autour des NRA ZO pouvait affirmer :

« Aujourd’hui, il n’y a pas un seul auvergnat qui puisse dire : je ne peux pas avoir accès au haut débit (à 2 mégabits minimum). Nous sommes la première région Française à avoir réalisé cet objectif. »

Maintenir et gérer la rareté de la bande passante

Un peu plus tard, dans une autre conférence, Bruno Janet, conseiller spécial du président de France Télécom, suscitait de vives réactions en coulisses chez les maires et les élus des collectivités territoriales lorsqu’il affirmait publiquement : « En quatre ans, la fracture numérique a été réglée, c’est fini. La fracture numérique pour le haut débit est derrière nous» !

Il semble que chaque maire ou élu présent était à même de mettre en avant une ou plusieurs zones blanches sur son territoire où le haut débit n’arrive pas parce que France Télécom, seul opérateur local, traine à investir dans cette zone et préfère investir dans des zones plus rentables.

Il vantait aussi la montée en charge des opérations de partenariat public privé PPP avec les collectivités dans le cadre des NRA zone d’ombre pour aménager et dégrouper les sous répartiteurs dans des zones rurales. Il montrait ainsi que non seulement la couverture à 100% n’est pas assurée mais que le besoin existe réellement dans les zones rurales.

Un intervenant ajoutait : « 4 Méga octets par seconde c’est largement suffisant pour tout le monde disait un ancien Président de France Télécom devenu ensuite Ministre des finances ».

On touche du doigt un des fondements de la stratégie de France Télécom qui est de maintenir et gérer  la pénurie de la bande passante dans ses tuyaux. Il rappelait enfin que l’un des soucis de France Télécom est de savoir comment les collectivités locales peuvent aider l’opérateur historique à développer des services, sachant que le problème des infrastructures est réglé…(pour l’opérateur) !

Nous reviendrons sur ce point crucial.

Un coup de gueule de René Souchon

Pourtant, René Souchon, constatant le phénomène et les discussions autour du fond de péréquation prenait une position très marquée. Il affirmait: «L’enjeu aujourd’hui est la fibre optique au domicile, il n’y a pas d’autre issue ».

Il poursuivait :

« La région Auvergne s’est dotée d’un schéma directeur pour le très haut débit depuis 2007.Nous avons conduit toutes les études de faisabilité, juridiques et nous avons le montage financier. Mais ce plan risque d’être mis en l’air par la politique du gouvernement ou de l’Europe dont le mot d’ordre est : concurrence, concurrence. Vous savez qu’il y a des zones blanches, des zones noires et des zones grises.

En tant que zone blanche, nous sommes celles dont personne ne s’occupe. Lorsqu’on dit que l’argent public doit intervenir exclusivement sur les zones blanches, cela signifie qu’il n’y a aucune péréquation possible en l’état actuel des choses et la fracture numérique va se creuser de nouveau dans le très haut débit. »

Y a-t-il une volonté politique ?

Il posait alors la question : « Existe-t-il une volonté politique réelle d’avoir une couverture numérique dans l’ensemble des territoires pour que le très haut débit soit possible»?

Le système de couverture  très haut débit élaborée dans le plan de la région Auvergne repose sur la mutualisation et la péréquation entre les zones urbaines et les zones rurales.

« Nous avons réussi à ce stade, expliquait-il,  à associer les 4 départements  avec la région pour couvrir notre territoire. Si on veut amener la fibre optique partout, c’est 1,5 milliards d’euros pour l’Auvergne.

Avec le système que nous avons mis en place qui passe par des montée en débit et un développement progressif par la desserte en fibre optique de zone économiques prioritaires et des grands établissements publics, il faut seulement 400 millions d’euros.

Ceci est déjà plus abordable pour une région comme l’Auvergne. En travaillant encore, nous avons réussi à réduire la facture à 200 millions d’euros. »

Un système de répartition qui implique les opérateurs car il n’y a plus un sous de subventions…

Il proposait alors la mise en place d’un véritable système de péréquation non seulement en utilisant des fonds de l’Etat sous forme de subventions,

« mais en allant chercher dans les recettes des opérateurs qui en font là où il y en a à faire.  Il faut utiliser les recettes des zones denses pour partie pour financer les zones à faible densité de population.

J’entends l’ARCEP me parler de concurrence, mais quelle est la concurrence qui existe entre les opérateurs dans le département du cantal ou même en Auvergne. Par exemple, les collectivités ne paient pas les relais de téléphone mobile à Lyon ou à Clermont, mais elles paient dans les zones défavorisées où les opérateurs ne veulent pas aller… !

C’est pareil pour la TNT qui est en train de devenir un énorme problème. »

Il concluait… « A partir de là, qui finance… ?  Il n’y a pas un sous de subvention disponible, ni au niveau de l’état, ni au niveau de l’Europe pour l’instant pour ce genre de chose. »

(Alain a également publié son reportage sur son blog.)

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