Coworker n’est pas une obligation, si ?
Le 4 novembre 2011 | par Emilie Ogez | 15
J’ai échangé un peu l’autre jour, par téléphone, avec Baptiste Broughton de Néonomade, à l’occasion du lancement de leur sondage sur les travailleurs nomades. Il me demandait si je travaillais chez moi parce que je n’avais pas trouvé de lieu de coworking à proximité. Je lui ai répondu que je n’avais pas tout simplement pas cherché et que je ne souhaitais pas spécialement me retrouver dans un espace de coworking, que je n’en ressentais pas vraiment le besoin. En gros, je suis bien chez moi. Suis-je malade docteur ?
Qu’en pensez-vous ?
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Emilie Ogez a écrit 4 novembre 2011
Coworker n’est pas une obligation, si ? http://t.co/NXMBgRkP #coworking
François Houste a écrit 4 novembre 2011
RT @eogez: Coworker n’est pas une obligation, si ? http://t.co/qfdTjL6h #coworking
cmic a écrit 4 novembre 2011
Coworker n’est pas une obligation, si ? http://t.co/NXMBgRkP #coworking
Statut créateur a écrit 4 novembre 2011
Coworker n’est pas une obligation, si ?: J’ai échangé un peu l’autre jour, par téléphone, avec Baptiste Broughto… http://t.co/WbEcCYsp
Xavier de Mazenod a écrit 4 novembre 2011
Le coworking, ce n'est pas obligatoire, si ? http://t.co/cdCIyPHJ #travailadomicile via @zevillage
Baptiste a écrit 4 novembre 2011
Hello!
Effectivement, c’est une question intéressante alors que tous les acteurs du coworking se retrouvent ces jours-ci à Berlin pour parler de ce mouvement qui prend une ampleur considérable ces dernières années!
Et c’est vrai qu’on oublie un peu, avec tout cet enthousiasme pour les nouveaux lieux de travail nomade, que certaines personnes sont très bien chez elles et n’en ont aucun besoin
.
Je sais que la question est volontairement un peu provocatrice, donc merci Emilie de me donner l’occasion de répondre en ouvrant un peu le débat!
Selon moi, de la même façon que les tiers-lieux doivent répondre à une pluralités de besoins, le télétravail doit être vu comme une pratique essentiellement flexible et adaptable à chaque individu.
A son niveau, on se doit de se poser les questions suivantes:
> quel est son rythme idéal? Salarié, est-ce 1, 2, 3 ou plus jours par semaine en travail à distance – ou pas du tout? Le télétravail ne convient pas à tout le monde et doit être un choix assumé et pris en toute liberté.
> Sur ces jours travaillés à distance, quelle partie de son temps passer chez soi versus dans un tiers-lieu?
> Pour un indépendant ou sans bureau fixe – idem: quel mix trouver entre ces différentes pratiques?
Je pense que cet équilibre doit se définir pour chaque personne individuellement – mais encore faut-il que ces choix soient possibles, que les tiers-lieux existent et soient répartis sur le territoire, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui, et c’est en ce sens que s’activent les différents acteur de cet éco-système en éclosion.
Donc non, évidement pas d’obligation de « coworker », mais une obligation de promouvoir le travail à distance sous toutes ses formes, pour permettre à chacun de choisir (et non plus subir) ses conditions de travail et d’ajuster selon ses besoins… Et ainsi retrouver une liberté dans le travail, un peu perdue à l’heure de la tyrannie de l’open space et de la plaie du présentéisme!
Anne-Sophie a écrit 4 novembre 2011
Bonjour,
Et non pas une obligation : j’aime bosser aussi de chez moi, et être tranquille, prendre mon temps, me doucher vers midi, ne pas me sentir « obligée » d’aller déjeuner avec les autres si j’ai des trucs à finir, bref, comme toi je n’en ressens pas le besoin
En revanche, je serai partante pour le faire peut être 1 ou 2 jours par semaine, pour travailler sur des projets communs avec d’autres coworkers je pense
MarketingOnTheBeach a écrit 4 novembre 2011
Coworker n’est pas une obligation, si ?, par @eogez pour @Zevillage http://t.co/kcutBaFO #coworking ^mk
Jean-Christophe Uhl a écrit 7 novembre 2011
j’ai le sentiment que ça dépend des gens, de leur capacité à se discipliner, de l’agencement de leur logement, des travaux à réaliser… et de leur hiérarchie (en avez-vous une ?). En tout cas en ce qui me concerne je jongle entre le domicile et le bureau et s’il y avait un télécentre au milieu proche de chez moi ce serait bien pratique. Pour mes salariés, j’aurai une préférence pour le télécentre plutôt que le domicile… ça lèverait pas mal de freins des deux côtés.
Olivier Carbone a écrit 7 novembre 2011
Je vois un intérêt fort à aller dans un télécentre pour des raisons technologiques. Il peut être intéressant de se déplacer pour bénéficier d’un débit conséquent, d’une salle de visio-conférence etc. C’est aussi génial quand on a pas la place de travailler chez soi (travailler sur sa table de cuisine est possible quand on vit seul uniquement !!)
Par contre, quand il s’agit de travailler dans ces environnements car on considère ne pas avoir suffisamment de discipline pour télétravailler « seul chez soi », et bien cela révèle peut être un problème plus grave. Choisir le télétravail car on s’y sent prêt et que cela présente des avantages est une bonne chose … choisir le télétravail car « on n’a pas d’autres choix » me semble une décision dangereuse.
Dominique Hebert a écrit 8 novembre 2011
Consultant indépendant depuis plus d’une dizaine d’années, je pratique le travail depuis mon domicile régulièrement.
Ce qui est le plus dur, c’est de rester chez soi plusieurs semaines d’affilées sans contacts physiques avec des clients ou des collègues de travail.
J’ai essayé de prendre un espace de coworking un jour par semaine depuis quelques mois, mais dans la pratique, faire 1h de transport pour aller au bureau quand on s’est couché à 2h du mat, ce n’est pas évident et je m’apperçois que je zappe le coworking une fois sur deux ; je pense que je ne vais pas prolonger l’expérience. Par contre, j’essaye d’avoir au moins un rendez-vous client par semaine pour m’obliger à sortir de chez moi.
ninon a écrit 8 novembre 2011
On m’a déjà proposé de partager un espace avec d’autres indépendants mais j’avoue que je n’ai pas voulu tenter l’expérience : j’ai l’impression que je n’arriverais pas à me « discipliner » : envie de papoter toute la journée, pas de concentration possible …un peu comme aller faire ses devoirs chez une amie lorsqu’on était au lycée
Je télétravaille également par choix depuis chez moi mais avec une vraie pièce dédiée au travail (le soir, je ferme la porte et c’est vraiment fini). Je pense que c’est essentiel de distinguer les espaces pro/perso. Mais effectivement, ce confort (voire ce luxe) est aussi possible car j’habite à la campagne avec de l’espace…
Je pensais que le ‘télétravail’ depuis chez moi serait également un handicap pour la ‘connexion’ (avec les clients/collègues/équipes) par rapport aux espaces de co-working, bien équipés. Or, pas du tout : skype ouvert dés le matin, google talk, un blackberry en illimité et aucun souci pour me joindre
Je suis même beaucoup plus joignable qu’avant (pause cigarette, pause café, pause déjeuner…)
J’avoue que mon activité me permet d’être fréquemment en déplacement (tous les 10 jours environ, réunions et rdv). Peut-être du coup, cela permet-il d’atténuer la sensation d’isolement que ressentent certains qui travaillent depuis chez eux ?
Nicole Turbé-Suetens a écrit 9 novembre 2011
Voilà des échanges passionnants qui sont au cœur des réflexions actuelles sur la nécessité ou non de tiers-lieux. Je rejoins Xavier en ce qui me concerne, je n’ai besoin de personne et d’aucun lieu quand je télétravaille parce que je crois que nous partageons un point commun : quand nous sommes sur le terrain et chez nos clients, nous n’arrêtons pas de parler, de socialiser, etc. et nous avons besoin de ces moments pour nous retrouver avec nous-même et continuer à travailler et progresser grâce à tout ce que nous avons emmagasiné.
Le vrai sujet est qu’il n’y a pas de réponse universelle et de règle commune. La seule règle commune est que la majorité des personnes ont besoin d’échanger et pas toutes selon les mêmes méthodes et médias, de se voir selon un rythme à choisir et de pouvoir travailler collaborativement. Selon les situations et les personnes -en tenant compte de différences significatives entre les salariés qui télétravaillent quelques jours par semaine et les indépendants- les besoins vont varier énormément. Les tiers-lieux ont, à mes yeux, définitivement un avenir qui est lié à l’évolution des pratiques de travail; mais dont le besoin est émergent.
Emilie Ogez a écrit 9 novembre 2011
Je ne pensais pas que mon article génèrerait autant de commentaires.
Merci pour toutes ces réponses très enrichissantes.