L’histoire de la Cordée – partie 2 : le timing

Le 16 décembre 2011 | par Julie Pouliquen | 8

Un projet à plusieurs, c’est également une histoire de « timing » : il faut que les protagonistes soient prêts et libres au même moment, aient les mêmes aspirations, soient prêts à vivre les mêmes choses et à les partager.

Juin – Juillet 2010

Qu’elles sont longues mais paraissent courtes ces heures passées à échanger sur leur vision de l’entrepreneuriat. Toute occasion est bonne, en ce mois de juillet 2010 – aller chercher le pain, faire deux courses, la cuisine, prendre l’air, voir la mer – pour refaire le monde.

Leur vision est commune, mais à ce moment-là, Julie et Michael sont tous deux attirés par un début de carrière bien différent de l’installation lyonnaise : ils ambitionnent chacun de commencer leur vie professionnelle au Brésil. Enfin, plus qu’au Brésil, à Rio de Janeiro.

À cette époque-là, Julie comme Michael sont deux farouches défenseurs de la nécessité d’engranger de l’expérience avant de se lancer dans une création. Et ils sont tous les deux tombés amoureux du Brésil – Michael il y a déjà quelques années, Julie depuis un mois. Autant que l’expérience soit agréable, et qu’elle se passe dans un cadre parfait de janvier à décembre pour : l’escalade, le surf, le bronzage, la bonne humeur, les feijoadas, la cachaça, les sourires, l’accent chantant, la montagne, la mer, la montagne dans la mer et les havaïanas.

Cela tombe bien en termes de calendrier : Michael y est déjà et a un projet d’entreprise justement à Rio, et aura besoin potentiellement d’un(e) stagiaire en 2011… Or Julie qui va rentrer en dernière année d’école aura besoin d’un stage de fin d’année ! Une colocation est envisagée, la dernière version d’Assimil portugais du Brésil est chargée sur l’ordinateur de Julie qui apprend la langue avec rigueur, des caïpirinhas sont partagées, un toast est porté.

Après un bon caldo de feijao

Octobre 2010 – Janvier 2011

Finalement, Michael rentre plus tôt que prévu du Brésil, pour des problèmes de visa. C’est l’occasion de se retrouver autour d’un verre, mais à Paris cette fois, à la Conserverie (précision, toujours de la précision pour les historiens, c’est un bar situé entre les métros Grands Boulevards et Bonne Nouvelle). Il profite de sa famille et bataille pendant quelques semaines pour pouvoir repartir mais l’administration brésilienne n’est pas tendre. Et puis il se demande : n’est-il pas plus pertinent d’essayer de créer de la valeur en France ?

Janvier 2011

Julie part avec sa promotion d’étudiants entrepreneurs dans le Jura pour travailler tous ensemble à faire émerger des idées de création. Une idée d’ « espace de travail ouvert à tous » naît autour d’un dîner arrosé. Nom de code : le WorkShop. Dans la promotion beaucoup aiment l’idée, qui commence à évoluer, à se préciser, à avancer. Trois personnes portent le projet : Marine, François et Julie (petite dédicace aux deux premiers de la liste).

Février 2011

Julie parle du WorkShop à Michael, pour le tenir au courant de ce qui se passe dans sa vie. Michael lui parle de projets, de recherches de job… Le WorkShop a ses premiers protagonistes et prend une première forme avec Marine et Julie, alors que François part sur un autre projet, attiré par des thématiques plus « geek ».

Mars 2011

Marine aime beaucoup le projet mais ne le poursuivra pas après les études. Michael, quant à lui, a quelques pistes professionnelles intéressantes mais aucune qui le passionne. Par contre, il adore le projet de Julie ! Et ne manque pas de le lui dire au cours de ce fameux déjeuner à l’Hippo de Paris Montparnasse (fameux depuis l’article précédent)… Quelle coïncidence heureuse : malgré sa passion nouvelle pour les espaces de travail partagés, Julie n’envisage pas l’entrepreneuriat en cavalier (cavalière) seul. Vous devinez la suite ?

Hippopotamus

Juin 2011

Après deux mois et demi « off » à travailler chacun de leur côté pour se refaire une santé financière un peu meilleure, les deux compères commencent réellement à réfléchir au WorkShop, enfin QG, enfin à cette époque le projet n’a pas encore de nom…

C’est le vrai début de l’aventure.