Une petite vidéo valant mieux que de longues explications, voici une petite vidéo qui présente le projet de circuit ovale d’Aunay-les-Bois (communauté de communes du Pays d’Essay) dont nous avions déjà parlé à plusieurs reprises.
Tout y est dit, et très bien, par l’association de défense des riverains !
Même si le projet a du plomb dans l’aile, il convient de « rester vigilant » suivant l’expression consacrée. N’oublions pas que nous sommes dans une année pré-électorale sur le plan municipal. Et donc aussi pour les communautés de communes.
La vie est parfois cocasse. Le projet de circuit ovale d’Aunay-les-Bois pourrait bien mourir… faute de subventions.
Le maire-président de la communauté de communes du Pays d’Essay, promoteur du projet, a axé tout son travail sur les aspects administratifs, sans se soucier des aspects humains ni environnementaux.
Mais un grain de sable vient se glisser dans son joli montage financier : la subvention de 60 000 € votée par le conseil général, il y a un peu de plus de 3 ans, est caduque, faute d’avoir été utilisée dans les 2 ans.
Et il semble que le maire-président se soit fait trop d’ennemis avec sa « gouvernance » brutale et solitaire pour que cette subvention soit revotée avant la Saint-Glin-Glin.
C’est ballot, hein !
Rappelons que le financement du projet repose à 90 % sur des subventions, selon le site web du Circuit des ducs :
20% par le pays d’Alençon,
36% par l’Etat,
14% par le conseil général de l’Orne,
20% par la CDC du pays d’Essay,
10% par l’exploitant.
Voilà se qui arrive quand on veut se financer ses caprices avec l’argent public…
Prochaine étape : réunion jeudi 19 avril, à 17h00, des élus la communauté de communes du Pays d’Essay pour voter le budget 2007. Dont la subvention au circuit ovale. La séance est publique.
PS : Merci à tous ceux qui ont manifesté leur soutien aux opposants du circuit ovale, hors ligne ou sur le Web. Le premier effet s’est déjà fait sentir dans Google.
J’ai publié, il y a quelque temps, un billet à propos des projets pharaoniques du maire d’Aunay-les-Bois (et président de la communauté de communes du pays d’Essay) qui ambitionne de créer plusieurs circuits de sports mécaniques en plein parc naturel régional Normandie-Maine, au coeur de Zevillage.
Pour résumer, en plus d’un circuit de rallye cross et d’un circuit de karting, le maire voudrait implanter un anneau de vitesse et, semble-t-il, en profiter pour faire passer le projet d’un autre circuit de Formule 3… Notons que le même maire-président est également le responsable de l’implantation dans le village voisin (Ventes-de-Bourse) d’un centre d’enfouissement technique des déchets totalement surdimensionné !
Je ne m’étendrai pas sur le scandale écologique de ce projet sur lequel je reviendrai plus tard. Pourquoi créer un « pôle mécanique », comme l’appelle le maire, en pleine nature alors qu’il serait plus judicieux de trouver un emplacement mieux approprié ? D’autant que nous ne sommes qu’à 80 km du Mans qui possède une certaine antériorité en matière de « pôle mécanique ».
Voir, et écouter, les effets sur l’environnement d’une petite course de Midget sur un circuit ovale, aux Etats-Unis :
Et qu’on ne vienne pas parler de développement économique et d’emploi pour justifier le projet. Cet alibi de tous les mauvais coups n’est même pas démontré dans notre affaire. De toute façon, un ou deux emplois créés justifient-ils la destruction du capital vert de cette partie de l’Orne ? En revanche, combien d’emplois le projet détruira-t-il dans le tourisme ? Combien de non-implantation d’activité ce projet va-t-il coûter ?
Vous voyez d’ici le tableau pour la promotion du département ? : » Aunay-les-Bois (Orne), son dépôt d’ordures, sa pollution« .
Non, le sujet qui me préoccupe aujourd’hui, qui me scandalise même, c’est la méthode politique utilisée dans cette affaire.
Le maire a accumulé tellement d’irrégularités à tous les niveaux de la procédure (enquête publique, réunion réglementaire préalable, achat des terrains, arrêté municipal…) qu’un petit groupe d’habitants a mettre en place une requête au préfet de l’Orne pour demander l’annulation de l’arrêté municipal concernant l’autorisation d’installation du circuit ovale. Un document envoyé par plus de 100 personnes de la communes, ou résidents avoisinants.
Dans ce projet, le maire agit en homme seul, sans aucune concertation avec la population. A tel point que 78 électeurs de sa commune sur 114 (et oui, de tels projets dans un si petit village…) ont signé une pétition contre le circuit ovale, adressée au commissaire enquêteur.
Des irrégularités plus graves encore sont dénoncée par les auteurs du courrier au préfet :
« falsifications des mesures » de la pollution sonore chez les riverains, chez lesquels les instruments de mesure ont été démontés avant un week-end de compétition ;
« trafic d’influence » le candidat a l’exploitation de l’anneau ovale aurait amené lui-même des signataires pour l’enquête publique, des témoins extérieurs à la communauté de communes, parfois habitants éloignés.
Pourtant, s’il existe bien des domaines de la politique locale où l’on pourrait injecter un peu de concertation (je n’ose même pas parler de participation) ce sont ceux qui ont un impact important sur l’environnement.
Cela aurait été si simple d’engager un débat avec la population. Le maire préfère le passage en force à la concertation, la procédure administrative solitaire à l’avis de ses concitoyens.
Une association locale de défense de l’environnement soutient déjà l’opposition au maire et d’autres devraient suivre très prochainement. D’autant qu’il existe ailleurs des situations analogues qui ont accumulé de l’expérience dans la constestation de ce type d’abus.
Et que, en plus de la fronde de la population, certains élus qui avaient soutenu le projet à son origine, se demandaient s’ils n’avaient pas été roulés dans la farine…
On peut dire que Zevillage est gâté. Après le projet de Centre d’enfouissement technique des déchets à Ventes-de-Bourse, voici le projet de circuit ovale.
Le Centre d’enfouissement, au milieu de la forêt domaniale, est déjà très contesté par la population, par les élus et par des associations comme Notre nature qui le jugent sévèrement : » projet surdimensionné, site mal choisi et absence totale de concertation qui frôle le mépris ». Trois recours devant le trinunal administratif ont été lancé contre ce projet par des élus et par une association.
Ce projet de Centre d’enfouissement est défendu par le maire d’Aunay-les-Bois (commune voisine), également président de la communauté de commune du pays d’Essay. Un élu qui défend également bec et ongles sa stratégie d’implantation de circuits de sports mécaniques dans « sa » circonscription.
Après le karting d’Aunay et le circuit de rallye cross d’Essay, il envisage, à Aunay également, la création d’un circuit ovale pour des courses de short track et de midget. On, pourra louer sur ce circuit des cross car pour se promener dans la campagne environnante.
L’installation de ce circuit ovale pourrait également être suivie de la construction d’un 4e circuit destiné aux essais de Formule 2.
Cette stratégie solitaire du maire-président est également très contestée. Des retombées économiques minuscules pour des nuisances et une pollution certaines. Un choix curieux dans un département qui a choisi de valoriser son patrimoine par le développement d’un tourisme vert de qualité.
Raymond Herbreteau, président de l’association Notre nature, est parti en guerre contre ce circuit ovale dans une Lettre ouverte :
» Tous les projets proposés par le président de l’intercommunalité – C.S.D.U. des Ventes-de-Bourse, sports mécaniques -, vont à l’encontre de l’aménagement cohérent du territoire. Il serait plus judicieux de réaliser ces projets dans des zones contiguës à de grands axes routiers qui sont déjà bruyants et pollués.
Ce projet, actuellement en enquête publique jusqu’au 25 octobre 2006, est rejeté par toute la population communale d’Aunay-les-Bois et autres riverains. Le propre des espaces naturels comme les forêts c’est la quiétude, ce que tout les habitants riverains sont venus chercher (gîtes ruraux, etc.).
Un minimum de bon sens et de démocratie aurait suffi pour discuter de ce projet en amont, avec la population pour se rendre à l’évidence du bien-fondé de son refus. «