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La fibre optique apporte-t-elle du travail à la campagne ?

28 avril 2009

Le Washington Post évalue les bénéfices comparés de l’arrivée de la fibre optique dans deux localités situées au milieu des champs de tabac de Virginie.

A Lebanon, la fibre optique a provoqué l’installation de deux entreprises et la création de 700 emplois « bien rémunérés ». A Rose Hill, la fibre n’a conduit qu’à l’installation de quelques télétravailleurs.

Les prévisions des effets induits par la fibre divergent. Pour l’Information Technology and Innovation Foundation, l’investissement de 10 milliards de dollars pour el déploiement de la fibre prévus dans programme Obama adevraient engendrer 500 000 créations d’emploi.

Pour les détracteurs du projet, comme Robert W. Crandall, de la Brooking institution, les effets du déploiement de la fibre optique ne sont absolument pas certains.

En fait, les deux positions se rejoignent : l’installation de fibre optique n’est dotée d’aucun pouvoir magique pour créer des emplois.

A Lebanon, la fibre s’est accompagnée d’actions des pouvoirs publics et de formations de la population. Notamment grâce à la reconversion d’un vieux bâtiment en centre de formation. Une volonté de faire progresser les habitants qui a séduit au moins l’une des deux entreprises.

A Rose Hill, les habitants sont moins diplômés qu’à Lebanon (29 % de bacheliers contre 71 %). Ce qui fait dire à John Horrigan, ancien directeur du Pew Internet & American Life Project, que l’on a « besoin de salariés bien formés pour pleinement exploiter le potentiel apporté par la fibre optique :

 » Dans l’Amérique rurale, l’habileté et la pertinence restent des obstacles pour une adoption du très haut débit ».

Constat transposable en France : les infrastructures du très haut débit sans formation, sans projets et sans contenu ne serviront à rien et resteront des gadgets hors de prix !

La fibre optique pour tous d’ici 2020

30 mars 2009

L’ancien sénateur Trégouët est convaincu de la nécessité d’un déploiement rapide de la fibre optique en France. Dans le dernier éditorial de sa Lettre, il plaide pour un déploiement massif de la fibre dans tous les foyers (FTTH ou Fiber to the home) d’ici 2020.

Il en profite pour citer plusieurs études démontrant les bénéfices d’un changement de technologie qui nous ferait passer du xDSL à la fibre optique :

 » Une étude de l’Ovum, réalisée avec le concours du Forum « FTTH Council Europe », vient de montrer que le déploiement de la fibre optique dans le réseau d’accès contribue à l’amélioration de la qualité de vie des utilisateurs, à l’augmentation de la productivité des entreprises et accélère le passage vers l’administration électronique.

La prospérité va de pair avec les raccordements optiques, souligne cette étude qui met en évidence l’impact socio-économique très positif des réseaux optiques jusqu’à l’habitant dans le domaine de l’éducation, de la santé, du télétravail et du télécommerce. »

Pour lui, il est urgent de sortir de l’indécision ambiante qui bloque les investissements privés. La seule manière de faire passer massivement la France de l’économie de l’information à l’économie cognitive. Et de « rester dans le peloton de tête des nations prospères et puissantes ».

Qui dit la fibre pour tous à domicile en 2020 implique donc de lancer dès maintenant les projets et les stratégies.

Le très haut débit rural après la crise et le plan Besson

28 octobre 2008

Longue plainte de notre ami lozérien Pierre Ygrié sur le site e-Alsace à propos du très haut débit dans les départements ruraux.

Malgré quelques points positifs qu’il reconnaît au plan Besson, il constate que ce rapport passe à côté du très haut débit à la campagne. Il a même carrément loupé le coche. « La guerre de 40 n’a pas été gagnée avec des armes de 14 ! La  « guerre numérique » se gagnera avec du très haut débit et pas avec du 512 k ! ».

Les opérateurs ne se bousculeront pas pour « fibrer » les zones peu dense en habitat, l’Etat est fauché et les « territoires oubliés » subiront donc ce non-investissement.

Car, au lieu de voir la fibre optique comme un luxe, un confort réservé aux villes, il conviendrait de le voir comme un investissement dns le développement et la croissance. Comme un outil qui rend la modernité accessible à tous. Même aux ploucs que nous sommes.

Cela supposerait un choix de société comme l’on fait les Suédois pour qui il est normal de trouver du débit de qualité en tout point de son -vaste- territoire. Comme l’a fait la France quand elle a décidé de fournir l’électricité à tous les habitants du pays :

 » La Lozère a besoin d’un plan très haut débit pour acquérir une visibilité numérique susceptible d’attirer les travailleurs de l’économie de la connaissance et compenser la faiblesse de ses infrastructures physiques. La géographie étant ce qu’elle est l’amélioration des infrastructures physiques a ses limites, celles des infrastructures numériques non pour peu que la volonté politique soit au rendez vous ! »

France numérique 2012 : du bon et du pas terrible

20 octobre 2008

Je suis allé à l’Elysée pour voir ce que le plan Besson sur l’économie numérique, France numérique 2012, nous avait concocté en matière de fibre optique rurale et de télétravail.

Je n’ai pas été déçu, ou plutôt si : l’Etat est fauché (on le savait) et si nous voulons de la fibre à la campagne il va falloir être imaginatif et se débrouiller tout seul.

Pour le télétravail, vous pourrez toujours suivre les travaux de la commission à créer ou attendre les offres « télétravail » de l’ANPE (enfin une mesure concrète).

Pour le reste, voir mon compte-rendu sur Adverbe.

Sinon, j’ai retrouvé quelques copains dans l’assistance et j’ai eu le temps de goûter au buffet (un tout petit peu seulement, j’ai filé prendre mon train).

Haut débit pour tous dans l’Orne : c’est parti

16 juillet 2008

Le plan de réduction des dernières zones blanches d’accès au haut débit dans l’Orne voté récemment par le Conseil général est en oeuvre depuis lundi 14 juillet.

Jusqu’au 31 décembre 2008, le Conseil général prendra en charge les frais de connexion en haut débit par satellite pour les Ornais qui le demandent :

 » Le Conseil général prendra donc en charge, à titre exceptionnel, l’achat, par les particuliers et les travailleurs indépendants, du pack de connexion haut débit (antenne pour le WIMAX ; parabole pour le satellite). Les nouveaux abonnés n’auront donc à leur charge que l’abonnement mensuel (à partir de 29,90€ pour un débit de 1024 kbits/s) et, si cela s’avère nécessaire, les frais d’installation (environ 150€). »

La seule condition est de choisir l’un des 3 opérateurs retenus pas le Conseil général :

(Télécharger le communiqué de presse, format PDF)

Après avoir pris ce problème du haut débit à bras le corps, Alain Lambert, président du Conseil général, promet sur son blog de s’attaquer ensuite aux zones blanches du GSM. Et après, on s’attaque à la fibre optique pour tous ?

« L’impératif du très haut débit fixe » par Didier Lombard, PDG de France-Telecom

3 juillet 2008

Trouvé dans les bonnes feuilles du livre de Didier Lombard, PDG de France-Telecom, Le village numérique mondial :

 » « En ce début de la deuxième vie des réseaux, si l’on veut que les opportunités d’usages soient réellement généralisées, sans reproduire de « fracture numérique » générationnelle ni géographique, nos réseaux physiques d’accès fixes doivent impérativement accroître leurs capacités en remplaçant les « vieilles paires de cuivre » par de la fibre optique jusqu’à l’utilisateur. (…)

Non seulement la fibre optique décuple les débits actuels, en passant à des vitesses de l’ordre de 100 mégabits par seconde, mais elle permet également de disposer d’une vitesse d’émission identique à la vitesse de réception. Cette « symétrisation » des débits est essentielle puisqu’elle constitue la matérialisation technologique de la propriété centrale de la deuxième vie des réseaux : l’utilisateur est désormais au nœud du réseau, et non plus simplement le réceptacle passif des informations qu’il a requises. (…) « 

Puisque Zevillage vous le dit depuis des années !

Enjeux et usages du très haut débit dans les zones rurales

2 juillet 2008

Le Pôle lozérien d’économie numérique organisait donc un colloque le 30 juin, à Mende, sur les enjeux et les usages du très haut débit dans les zones rurales.

J’y participais, aux côtés de Jean-Michel Billaut, alias M. FTTH, et de Phillipe Le Grand, directeur de Manche numérique qui intervenait à distance comme moi.

Merci à l’initiateur de ces rencontres, Lozère développement pour cette réunion et à l’infatigable Pierre Ygrié qui s’active depuis des années pour développer sa Lozère. Et j’ai enfin pu mettre un visage sur Laurent Caplat, également témoin dans ce colloque, fondateur de la boutique Bien manger dont j’avais parlé ici.

Le très haut débit est vital pour développer les territoires ruraux. Il peut être une réponse aux handicaps des campagnes pour compenser l’éloignement des cenrtes urbains et des services (santé, enseignement ou culture). Il peut aussi être une réponse à la demande montante dans la population de qualité de vie et de développement durable.

Son déploiement est long et cher. Si en plus il faut pâtir d’une non-prise de conscience des élus locaux, on n’est pas sorti de l’auberge. Merci donc aux Lozériens (et à nos voisins de la Manche) de réveiller les consciences ;-)

Fête du très haut débit 2008 à Mortain

18 juin 2008

L’association Nove@ inaugure son Espace dédié aux TIC lors de la Fête du très haut débit qui se tiendra le 26 juin à Mortain, dans la Manche.

Ce centre, créé à l’initiative de la société Acome, fabricant de fibre optique, du pays du Mont Saint-Michel et de la CdC de Mortain, veut promouvoir les TIC au service du développement durable.

L’espace Novea comprend :

  • un centre de formation dédié aux nouvelles technologies
  • une pépinière d’entreprises et les services qui lui sont associés
  • un espace Public Numérique à caractère professionnel.

La journée, réservée aux professionnels, sera animée de conférences.

Si tous les campagnards se donnaient la main…

12 juin 2008

Le billet de Jean-Michel Billaut sur le « pétrole vs le très haut débit » fait écho à un billet que je viens de rédiger sur Adverbe à propos du covoiturage et du télétravail.

Histoire de comparer le coût des déplacements par rapport à celui du télétravail, Jean-Michel reprend un calcul simple réalisé par Farmside, opérateur néo-zélandais de télécommunications :

 » Les campagnards Néo-zélandais roulent dans des grosses cylindrées (V6 ou V8 : une moyenne de 12 litres/100 km).

Une réduction de 20% du trajet moyen annuel (soit 3.000 kms) du fait de l’utilisation plus importante de l’Internet, entraîne une consommation moindre d’énergie fossile, économie qui se chiffre au prix actuel de cette énergie à 720 $ Néo-Zéalandais (1 € = 2 $ NZ).

Et en rajoutant divers coûts (huile, pneus, etc…) on arrive, toujours pour 3.000 kms, à une économie de presque 1.000 $ NZ (et on ne compte pas la dépréciation du véhicule, la fatigue, la perte de productivité – quand on conduit on ne fait pas autre chose.. ce qui reviendrait probablement à rajouter 500 $ NZ).
Vous trouverez le communiqué de presse de Farmside ici... « 

Bien évidemment, qui dit développement des usages dit très haut débit, et donc fibre optique. On en est loin dans les campagnes, les habitués de Zevillage le savent. Pourtant, investir dans des infrastructures en fibre optique serait un bon moyen d’encourager le développement d’activités en milieu rural et la création d’entreprises comme le souligne Laurent Bazet.

Montcuq, Essay, la Canourgue ou Montfort l’Amaury, même combat, tous privé d’infrastructures ! Pourtant, si tous les campagnards se donnaient la main comme le propose jean-Michel dans l’un de ses commentaires