Vous parcourez les archives de Michel Mercier

Bilan des Assises des territoires ruraux

Le 8 février 2010 | 2

Nicolas Sarkozy devrait conclure mardi 9 février les travaux des Assises des territoires ruraux lancées par Michel Mercier en octobre 2009.

Les contributions recueillies pendant les réunions et sur le site web des Assises devraient aboutir à un plan d’actions en faveur de l’aménagement du territoire.

Tous les habitués de Zevillage savent comment aider les territoires ruraux dans leur développement durable (dans toutes les acceptions du terme et pas seulement environnementales) : développer les infrastructures et les usages pour favoriser le basculement dans la société numérique.

Dans ces conditions, les handicaps des campagnes deviennent des atouts. On peut y travailler, y vivre, y développer des activités culturelles, s’y faire soigner… avec la même qualité de service qu’en ville. Mais, avec la qualité de vie en plus.

Les participants aux Assises ne s’y sont pas trompés. L’AFP relevait il y a quelques jours que le Très haut débit était leur préoccupation centrale :

 » La première demande exprimée lors des Assises des territoires ruraux a été « le très haut débit (THD) fixe et mobile », devenu « une condition pour vivre normalement en ville comme en milieu rural », a déclaré M. Mercier dans cette interview au quotidien internet des collectivités locales de la Caisse des dépôts et consignations. »

« Personne n’accepte plus qu’il persiste une différence entre urbains et ruraux sur ce point », a-t-il poursuivi.

Si, selon lui, « les collectivités vont être des acteurs importants du déploiement numérique sur leurs territoires », « personne ne va se passer des opérateurs ».

« Il y a des endroits où ils iront tout seul. Et d’autres endroits où il faudra que la puissance publique apporte son aide », a-t-il expliqué. »

Par puissance publique il faut entendre « collectivités locales ». Car l’Etat n’a promis 2 Md€ qu’il faudra se partager entre tous les territoires ruraux alors que les estimations pour fibrer tous les foyers français oscillent entre 20 et 30 Md€. Et il n’a échappé à personne que l’Etat était endetté jusqu’aux oreilles et ne pourrait pas aller plus loin.

Alors, des voeux pieux ces Assises ?

Lire la suite

Le combat pour développer les campagnes avec la fibre optique

Le 9 octobre 2009 | 2

Le Monde consacre un long article à la croisade de notre ami Pierre Ygrié pour développer le Très haut débit par fibre optique en Lozère avec son association Les Webs du Gévaudan.

Déjà des années qu’il se bat pour apporter aux 75 000 Lozériens un aussi bon service que celui dont disposent les habitants des grandes villes.

Pierre essaie de faire partager ses convictions aux élus et aux décideurs du département : la fibre est un investissement indispensable au développement économique, un remède à la désertification, un moyen d’inverser le vieillissement de la population en rendant le territoire attractif.

Bravo Pierre et content de voir que vos efforts trouvent des échos.

Et, si vous aussi, vous estimez que les arguments « raisonnables » pour refuser le déploiement de la fibre à la campagne sont infondés, ne vous laissez plus faire.

L’aménagement des territoires ruraux est à la mode et c’est un choix de société.

Michel Mercier, le ministre la Campagne, annonce qu’il va consulter.  C’est le moment de réfléchir : voulons-nous réellement – et pas seulement dans la langue de bois officielle – répartir les aménagements avec équité et égalité sur tout l’Hexagone ?

Les Suédois l’ont choisi depuis longtemps, pourquoi pas nous ?

Et si les pouvoirs publics nous lachent, il nous reste l’exemple néerlandais : do it yourself avec les copains.

Lire la suite

Quels financements des infrastructures stratégiques pour le développement des territoires?

Le 2 septembre 2009 | 0

Alain Baritault était en reportage à RuralTIC pour Zevillage. Il commente les débats auxquels il a assisté.

Invités d’honneurs des Universités d’été pour les territoires Ruraux, (Rural TIC), Michel Mercier, le nouveau ministre de l’Aménagement du territoire et René Souchon, président de la région Auvergne, ont relancé le débat sur le financement et les conditions de la mise en œuvre des infrastructures nécessaires à la France pour migrer vers le très haut débit sur l’ensemble du territoire national.

Alors que le déploiement de la fibre à la maison (FTTH) est aujourd’hui au point mort suite à un conflit prétendument d’ordre technologique entre deux architectures qui cachent des stratégies non dites chez certains opérateurs.

Quelles infrastructures pour les services dans les territoires ruraux ?

La quatrième édition de l’Université d’été pour les Territoires (Rural iTIC) s’est déroulée  sous un beau soleil de fin d’été dans la superbe région du Cantal, au palais des congrès d’Aurillac.

« Nous avons bénéficié de l’aide des représentants de la région Auvergne et du Cantal, indique l’organisateur Serge Pilicer, et notre but est de susciter les réflexions et recueillir des témoignages sur les usages numériques et la mise en œuvre des infrastructures haut débit et très haut débit dans les territoires ruraux. »

La conférence était ouverte avec une interview  vidéo de Nathalie Kosciusco-Morizet, n’ayant pas pu se déplacer, qui orientait le débat sur les conditions de mise en œuvre équilibrée des services numériques et des infrastructures dans le monde rural.

« Avec mon collègue Michel Mercier, dit-elle, nous essayons de développer une politique d’infrastructure et de désenclavement des territoires qui soit équilibrée, au profit des territoires, au profit des emplois et au profit des personnes qui font vivre ces territoires. »

Elle mentionnait des nouvelles pratiques comme l’e-santé, l’e-administration, le e-commerce et le télétravail. Ce dernier représente un fort potentiel de développement des territoires ruraux sachant qu’en France, seulement 7% des gens pratiquent le télétravail alors que la moyenne européenne est déjà à 13%.

Elaborant sur les freins existants pour un plus large développement du télétravail en France, elle mentionnait ses propositions d’utiliser le grand emprunt national pour accélérer le développement du télétravail mais elle évitait d’aborder le point crucial que tout le monde attendait, à savoir le développement et le financement des infrastructures en milieu rural.

L’Auvergne, première région haut débit

Alors que Pierre Ygrié, responsable des Web du Gévaudan (dans la Lozère) rappelait la pétition pour la création d’un fond de péréquation en faveur des zones rurales défavorisées dont le député Pierre Morel à L’huissier fut à l’origine, Pierre Hérisson, sénateur de la Haute-Savoie, notait que la proposition de loi Pintat, discutée et votée au Sénat en juillet, jetait les principes de base d’un fond de péréquation pour la mise en place du très haut débit par la fibre sur l’ensemble du territoire Français.

D’une part, cette loi doit passer à l’Assemblée nationale pour être adoptée, mais pour l’instant, rien n’a été dit sur  le point essentiel de cette loi, c’est-à-dire la manière dont serait alimenté ce fond, par qui et comment les fonds seront répartis ultérieurement.

René Souchon, président de la région Auvergne, grâce au premier partenariat Public-Privé avec France Télécom autour des NRA ZO pouvait affirmer :

« Aujourd’hui, il n’y a pas un seul auvergnat qui puisse dire : je ne peux pas avoir accès au haut débit (à 2 mégabits minimum). Nous sommes la première région Française à avoir réalisé cet objectif. »

Maintenir et gérer la rareté de la bande passante

Un peu plus tard, dans une autre conférence, Bruno Janet, conseiller spécial du président de France Télécom, suscitait de vives réactions en coulisses chez les maires et les élus des collectivités territoriales lorsqu’il affirmait publiquement : « En quatre ans, la fracture numérique a été réglée, c’est fini. La fracture numérique pour le haut débit est derrière nous» !

Il semble que chaque maire ou élu présent était à même de mettre en avant une ou plusieurs zones blanches sur son territoire où le haut débit n’arrive pas parce que France Télécom, seul opérateur local, traine à investir dans cette zone et préfère investir dans des zones plus rentables.

Il vantait aussi la montée en charge des opérations de partenariat public privé PPP avec les collectivités dans le cadre des NRA zone d’ombre pour aménager et dégrouper les sous répartiteurs dans des zones rurales. Il montrait ainsi que non seulement la couverture à 100% n’est pas assurée mais que le besoin existe réellement dans les zones rurales.

Un intervenant ajoutait : « 4 Méga octets par seconde c’est largement suffisant pour tout le monde disait un ancien Président de France Télécom devenu ensuite Ministre des finances ».

On touche du doigt un des fondements de la stratégie de France Télécom qui est de maintenir et gérer  la pénurie de la bande passante dans ses tuyaux. Il rappelait enfin que l’un des soucis de France Télécom est de savoir comment les collectivités locales peuvent aider l’opérateur historique à développer des services, sachant que le problème des infrastructures est réglé…(pour l’opérateur) !

Nous reviendrons sur ce point crucial.

Un coup de gueule de René Souchon

Pourtant, René Souchon, constatant le phénomène et les discussions autour du fond de péréquation prenait une position très marquée. Il affirmait: «L’enjeu aujourd’hui est la fibre optique au domicile, il n’y a pas d’autre issue ».

Il poursuivait :

« La région Auvergne s’est dotée d’un schéma directeur pour le très haut débit depuis 2007.Nous avons conduit toutes les études de faisabilité, juridiques et nous avons le montage financier. Mais ce plan risque d’être mis en l’air par la politique du gouvernement ou de l’Europe dont le mot d’ordre est : concurrence, concurrence. Vous savez qu’il y a des zones blanches, des zones noires et des zones grises.

En tant que zone blanche, nous sommes celles dont personne ne s’occupe. Lorsqu’on dit que l’argent public doit intervenir exclusivement sur les zones blanches, cela signifie qu’il n’y a aucune péréquation possible en l’état actuel des choses et la fracture numérique va se creuser de nouveau dans le très haut débit. »

Y a-t-il une volonté politique ?

Il posait alors la question : « Existe-t-il une volonté politique réelle d’avoir une couverture numérique dans l’ensemble des territoires pour que le très haut débit soit possible»?

Le système de couverture  très haut débit élaborée dans le plan de la région Auvergne repose sur la mutualisation et la péréquation entre les zones urbaines et les zones rurales.

« Nous avons réussi à ce stade, expliquait-il,  à associer les 4 départements  avec la région pour couvrir notre territoire. Si on veut amener la fibre optique partout, c’est 1,5 milliards d’euros pour l’Auvergne.

Avec le système que nous avons mis en place qui passe par des montée en débit et un développement progressif par la desserte en fibre optique de zone économiques prioritaires et des grands établissements publics, il faut seulement 400 millions d’euros.

Ceci est déjà plus abordable pour une région comme l’Auvergne. En travaillant encore, nous avons réussi à réduire la facture à 200 millions d’euros. »

Un système de répartition qui implique les opérateurs car il n’y a plus un sous de subventions…

Il proposait alors la mise en place d’un véritable système de péréquation non seulement en utilisant des fonds de l’Etat sous forme de subventions,

« mais en allant chercher dans les recettes des opérateurs qui en font là où il y en a à faire.  Il faut utiliser les recettes des zones denses pour partie pour financer les zones à faible densité de population.

J’entends l’ARCEP me parler de concurrence, mais quelle est la concurrence qui existe entre les opérateurs dans le département du cantal ou même en Auvergne. Par exemple, les collectivités ne paient pas les relais de téléphone mobile à Lyon ou à Clermont, mais elles paient dans les zones défavorisées où les opérateurs ne veulent pas aller… !

C’est pareil pour la TNT qui est en train de devenir un énorme problème. »

Il concluait… « A partir de là, qui finance… ?  Il n’y a pas un sous de subvention disponible, ni au niveau de l’état, ni au niveau de l’Europe pour l’instant pour ce genre de chose. »

(Alain a également publié son reportage sur son blog.)

Lire la suite